B. Le Culte de l’Ours : la clé du paganisme (fr)

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Quand j’étais plus jeune, et que je lisais des livres sur la mythologie, ou d’autres contes classiques, il me semblait souvent que tout ceci ressemblait à un vaste fouillis. Mon intérêt était certain, mais sans arrêt je ressentais que ces histoires étaient lues en surface, et que, même en analysant les textes, il manquait toujours quelque chose.
Peut-être la clé était-elle connue de quelques initiés, encore à l’Antiquité, et peut-être a-t-elle été effacée par les siècles d’âge noir qu’on apporté le christianisme en Europe. Peut-être avait-elle déjà disparue chez les Egyptiens. Peut-être était-elle secrètement gardée ? Peut-être était-ce ce manque de substance qui a permis au christianisme de s’installer en Europe, car le paganisme ne devenait qu’une succession d’histoires. Je l’ignore. Il est cependant évident qu’elle transparaît de partout. Aujourd’hui, les défenseurs du paganisme sont hués à cause de ce manque de substance, qui fait parfois ressembler cette philosophie à un animisme primitif. Je suis bien plus douée pour faire des puzzles, abstraits ou concrets, que pour écrire ou même parler, mais je souhaite expliquer cette clé pour que la philosophie païenne, qui est en chacun de nous, qui est éparpillée dans tout l’hémisphère Nord, là ou l’homme de Néandertal a vécu, soit à nouveau comprise et puisse revivre.

C’est ici que doivent se terminer tous ces écrits et c’est pour cela qu’ils ont été écrit.

Vous comprendrez pourquoi et comment tous les mythes antiques européens (et de nombreux asiatiques ou américains), mais aussi les contes suivants racontent exactement la même chose :
Le petit chaperon rouge, la Belle au bois Dormant, Blanche Neige, Jack et le Haricot Magique, la Belle et la Bete, Raiponce, Cendrillon, Hansel et Gretel, mais aussi Pinocchio, la Petite Fille aux Allumettes, le petit Poucet, et bien d’autres.
De même avec Perceval…
De même avec des fêtes dont l’importance est encore majeure aujourd’hui, comme Noël ou d’Halloween.
De même avec toute la mythologie européenne et égyptienne.

Et bien-sûr, comme vous le verrez, le mythe de l’Atlantide, et le culte du taureau/de la vache, s’inscrivent eux-même dans l’explication donnée par le culte de l’Ours et ne sauraient exister sans lui.
Le culte de l’ours expliquera la relation des païens aux arbres, des vestiges tels que les dolmens et les menhirs ou bien sûr les pyramides, il expliquera également les peintures rupestres retrouvées dans les grottes et leur rôle, il expliquera jusqu’aux couronnes de fleurs, aux sirènes, à l’apparition des bijoux, ou même le rôle de la musique, ou les chapelets religieux. Il expliquera évidement pourquoi vous avez offert un ours en peluche à votre enfant, et caetera.

 

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1. Pourquoi l’Ours ?

Le culte de l’Ours est peut-être totalement inconnu pour vous, et pourtant il est encore caché dans toutes nos traditions. Il a été déterré par certains auteurs et préhistoriens mais son immense importance n’a jamais été mesurée. L’Église s’est, depuis son arrivée, appliquée à l’effacer et le transformer, voire à simplement assassiner la réputation du principal protagoniste, si elle ne l’a pas exterminé physiquement.

Le culte de l’Ours est sans nul doute la « religion » la plus ancienne connue, la religion de l’homme de Neandertal, ou tout au moins du jeune hybride (à partir de -80 000 ans). La page de Wikipédia consacrée à l’Ours dans la culture vous donnera une brève introduction à ce que je défendrai ici.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ours_dans_la_culture

Puisqu’il s’agit dudit culte de l’Ours, il me semble utile que nous nous arrêtions sur l’animal lui-même, afin de saisir pourquoi il représente des qualités particulières qui font de lui un animal unique.

 

a. Un animal anthropomorphe

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Son image a été transformée par l’Eglise afin d’en faire un animal rustre, stupide et glouton, et c’est pourquoi il nous faut le regarder sous un œil nouveau. Le travail de démolition entreprit par l’Eglise ne doit pas nous influencer.

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L’Ours représente de nombreuses spécificités. Tout d’abord, et ce n’est pas la moindre, son physique est très « humain ». Il se couche ou s’assoit de la même manière, il sait tenir et même marcher sur deux pattes, il agit de manière étrangement similaire à l’homme avec ses « mains » ou ses longues griffes qu’il utilise fréquemment comme des doigts ou des outils, il joue avec ses oursons et même les gronde de manière incroyablement similaire:

L'ours réprimande son petit

L’ours réprimande son petit

Elle est très fâchée...

Elle est très fâchée…

Le petit boude et la mère s'attendrit

Le petit boude et la mère s’attendrit

Puis elle lui fait un câlin...

Puis elle lui fait un câlin…

 

Une ourse accouche d’un ou deux oursons, au maximum trois, comme nous, elle les allaite de la même façon, et s’en occupe très longtemps pour le règne animal (2 ou 3 ans). L’ourson à sa naissance est incroyablement immature, exactement comme le bébé humain et ses pleurs rappellent ceux du bébé humain.

http://www.youtube.com/watch?v=OwZH_aT0FGI
http://www.youtube.com/watch?v=CbILj_CYqno
http://www.youtube.com/watch?v=RXb9kOO8Lzs
http://www.youtube.com/watch?v=lTMwrAefIVQ

Amitié entre chiens et ours polaire et “câlin”:

http://www.youtube.com/watch?v=MBmzTn4w3yM

Une ourse sauve son petit :

http://www.dailymotion.com/video/xd8tz5_maman-ourse-sauve-son-petit-mum-be_animals

L’Ours mange la même chose que nous, et l’on dit d’ailleurs à ce sujet que là où l’ours a pu vivre l’homme a pu vivre. Son goût pour les mets sucrés est légendaire, exactement comme le notre (…). Il possède la même vision que nous, c’est-à-dire qu’il voit les couleurs, mais n’a pas une bonne vision nocturne.
Ses oreilles sont similaires aux nôtres, sa queue est presque inexistante et ses pieds sont plats, ses empreintes sont même, comparées à de nombreux autres animaux, très similaires aux nôtres, surtout quand les griffes sont peu visibles.
Comme nous, c’est un animal dont la défense peut être violente et mortelle, mais qui attaque finalement peu pour se nourrir. Il sait faire des câlins de la même manière que nous, face à face, et enlacer avec ses bras.
L’Ours est connu pour utiliser des outils dans la mesure ou ses « mains » le permettent. Loin d’être stupide, il sait ouvrir des boites, ouvrir des tentes, s’introduire dans des garages, etc.
Comme l’homme, il affectionne les cavernes et autres abris rocheux. Comme l’homme pour l’homme, le plus grand danger pour l’ours (en dehors de l’homme aujourd’hui) est… l’ours lui-même.

Notez bien que ces comportements « humains » étaient encore plus marqués et évidents alors que les humains étaient eux-mêmes plus proches de la nature et se couvraient de peaux de bêtes…

 

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Si l’on peut dire, sans nul doute, que la science moderne voue un culte de ressemblance au chimpanzé, pourtant totalement étranger à notre culture, alors l’on peut comprendre que les hommes anciens s’identifiaient à l’ours.

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b. La reproduction extraordinaire de l’ours

En plus de ces particularités anthropomorphes, l’ours possède des capacités naturelles incroyables. La façon dont sa reproduction fonctionne est unique. L’ourse s’accouple avec différents mâles à la saison chaude. Il est rapporté que les accouplements sont longs et peuvent même durer jusqu’à 30 minutes. Bien entendu, elle n’accepte que les plus robustes et les combats entre mâles, comme dans le reste du règne animal, sont fréquents.

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A la suite de ces accouplements, les ovules de l’ourse sont fécondées et des embryons sont crés, mais leur développement est de suite arrêté.
L’ourse ne remettra en route ce développement que si elle a amassé suffisamment de graisse avant d’hiverner, et elle développera le nombre d’embryons adapté à sa masse graisseuse. Peut-être peut-elle même conserver des embryons d’une année sur l’autre. Elle est une sorte de congélateur d’embryons, qu’elle conserve de la saison chaude à l’automne dans un état unique au monde, entre la vie et la mort. L’originalité ne s’arrête pas là, puisque l’on pense que l’ourse peut « choisir » quels embryons elle décidera de développer.
La grossesse re-commence vers novembre (en période glaciaire probablement plus tôt, comme chez les ours polaires : fin octobre) et la mise bas est en janvier/février (décembre/janvier), la sortie de tanière avec les oursons est au printemps ou juste avant.
Juste après l’accouchement, l’ourse lèche vigoureusement les oursons qui sont très immatures (comme les bébés humains), comme pour les faire vivre (d’où l’expression française « être un ours mal léché »). Il est fait de même traditionnellement avec les bébés humains qui ne crient pas à la naissance : on leur masse vigoureusement le dos pour qu’ils expulsent le liquide amniotique et puissent respirer.

Vous comprenez sans doute peu à peu où je veux en venir…
Cette particularité était sans aucun doute déjà familier de nos ancêtres les plus lointains, qui côtoyaient les ours de près, et possédaient une connaissance profonde du monde qui les entourait. Le régime de vie de l’ours est si proche du régime de vie naturel de l’homme qu’il était sans doute son voisin le plus proche, quand il s’agissait de cueillir des herbes, baies ou fruits comestibles, de trouver et récolter du miel, de chasser ou pêcher, de se prélasser au soleil l’été ou de se protéger pour l’hiver. Il est probable que les hommes de l’âge glaciaire avaient à peu près la même technique que l’ours pour passer l’hiver tranquillement : s’engraisser à la saison chaude, et manger moins l’hiver, lorsque la nourriture pouvait manquer. Il est même possible que nos ancêtres aient eu une saison de reproduction, soit artificiellement programmée, soit physiquement déterminée, avec un anoestrus (absence d’ovulation) saisonnier pour empêcher les naissances l’hiver et les privilégier au printemps; comme c’est le cas pour de nombreux animaux de l’hémisphère nord. Cet anoestrus disparaît peu à peu avec la domestication, comme nous l’avons vu plus tôt.

 

c. Terrifiant et maternel

L’ours possède une particularité supplémentaire. Il est à la fois l’un des animaux (pour ne pas dire l’animal) les (le) plus terrifiant, et parfois le plus cruel, mais il aussi l’un des plus protecteur et l’un des plus doux.
Il faut se souvenir que jusqu’en -10 000 environ (début de la période chaude) vivait en Europe, certes diverses races d’ours bruns, mais aussi l’ours des cavernes, soit le plus grand ours n’ayant jamais existé. Plus grand que l’ours polaire, mais surtout et même plus grand que l’ours Kodiak (qui est en fait le plus grand ours moderne, et le plus grand prédateur terrestre), sa taille était absolument extraordinaire. L’ours peut courir vite et achever un bison si l’envie lui prend, il peut vous tuer d’un coup de patte, il possède des griffes de 10 cm de long (pour le Kodiak), il vous étoufferait en vous enlaçant… Et pourtant, c’est une bête plutôt placide, mangeant principalement des végétaux, et qui, si vous ne l’approchez pas et ne l’embêtez pas, ne vous attaquera probablement pas. En effet, à part l’ours polaire, qui reste une exception, l’ours ne voit pas l’homme comme une proie.

 

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Il n’est rapporté qu’un décès lié à l’ours Kodiak, le plus grand de tous, et cet ours s’était simplement défendu contre un chasseur. Ce dernier d’ailleurs, si impressionnant soit-il, a toujours tendance à éviter l’homme.

L’ours mâle est connu pour être capable de tuer les oursons d’une femelle s’ils ne sont pas les siens. Il est donc terrifiant même pour l’ours, et la femelle ourse doit, quant à elle, être une mère irréprochable et très protectrice (mais aussi très agressive) afin d’éviter ce type d’accident.
C’est donc sur tous les plans que s’illustre cette dualité : le mastodonte terrifiant, l’ogre mangeur d’enfants (…) et le gros nounours.

 

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