A. L’Atlantide et le taureau de feu (fr)

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English version

 

1. L’Atlantide, l’île d’Atlas, est notre système solaire

Les citations (en italique) sont tirée du Critias de Platon, et plus exactement de la traduction d’Emile Chambry (sauf mention contraire) qui est l’une des traductions sur lesquelles je travaille.

Voici le pdf associé avec la description complète: Platon_Critias_EmileChambry.atlantide

Poséidon, s’en étant épris, s’unit à elle et fortifia la colline où elle demeurait, en en découpant le pourtour par des enceintes faites alternativement de mer et de terre, les plus grandes enveloppant les plus petites. Il en traça deux de terre et trois de mer et les arrondit en partant du milieu de l’île, dont elles étaient partout à égale distance, de manière à rendre le passage infranchissable aux hommes ;

Il engendra cinq couples de jumeaux mâles, les éleva, et, ayant partagé l’île entière de l’Atlantide en dix portions,
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il attribua au premier né du couple le plus vieux la demeure de sa mère et le lot de terre alentour, qui était le plus vaste et le meilleur ; il l’établit roi sur tous ses frères et, de ceux-ci, fit des souverains, en donnant à chacun d’eux un grand nombre d’hommes à gouverner et un vaste territoire.

Le plus vieux, le roi, reçut le nom qui servit à désigner l’île entière et la mer qu’on appelle Atlantique, parce que le premier roi du pays à cette époque portait le nom d’Atlas. Le jumeau né après lui, à qui était échue l’extrémité de l’île du côté des colonnes d’Héraclès, jusqu’à la région qu’on appelle aujourd’hui Gadirique en ce pays, se nommait en grec Eumèlos et en dialecte indigène Gadire

 

Atlas+portant+le+Monde

 

Atlas, vous le connaissez, c’est celui qui porte sur le monde son dos.

Cela prend ici tout son sens: Atlas est le Soleil, le maître de la gravitation au centre du système solaire, celui qui porte (littéralement) les autres planètes, et notamment la planète Terre. Pour ce qui est de son jumeau, nous y reviendrons plus tard.

La race d’Atlas devint nombreuse et garda les honneurs du pouvoir.

 

a. L’orichalque ou le feu

c’est l’île elle-même qui leur fournissait la plupart des choses à l’usage de la vie, en premier lieu tous les métaux, solides ou fusibles, qu’on extrait des mines, et en particulier une espèce dont nous ne possédons plus que le nom, mais qui était alors plus qu’un nom et qu’on extrayait de la terre en maint endroit de l’île, l’orichalque1, le plus précieux, après l’or, des métaux alors connus.

En premier lieu ?
Ce mystérieux métal brille, dit Platon d’« un éclat de feu » (πυρώδης / pyrốdês).

À ce point, il est important de savoir que les métaux, autres que le fer, proviennent des réactions nucléaires dans les étoiles, ou d’explosions de super novae.

L’exemple de l’or:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Or

L’or est issu de la nucléosynthèse stellaire réalisée par des générations successives d’étoiles depuis une douzaine de milliards d’années. En particulier, deux hypothèses expliqueraient la formation d’or par processus R au sein des étoiles : le premier lors de l’explosion d’une supernova, le second lors de collisions ou fusions de deux étoiles à neutrons. Une simulation numérique réalisée en 2011 s’appuyant sur cette dernière hypothèse indique qu’elle permettrait d’expliquer l’abondance mesurée des noyaux d’or14. Sa nature géochimique étant nettement sidérophile, comme le sont les métaux du groupe du platine, il se concentre dans le noyau de la Terre et demeure très rare dans l’écorce terrestre, où il s’accumule là où circulent des fluides chauds issus du manteau15. Cependant, certaines études montrent que la concentration en or dans la croûte terrestre est entre cent et mille fois trop élevée par rapport à ce qu’elle devrait être ; l’or présent dans la croûte terrestre proviendrait donc du grand bombardement tardif, qui eut lieu il y a 3,8 à 4 milliards d’années16.

 

Il est très étrange, lorsque l’on raconte l’histoire d’une société antérieure à l’Antiquité, que l’on indique qu’elle fournissait en premier lieu tous les métaux nécessaires, et en particulier l’orichalque.
Mais continuons à lire la description :

 

b. La description de l’île, ou description du système solaire

tous ces fruits, cette île sacrée qui voyait alors le soleil, les produisait magnifiques, admirables, en quantités infinies. Avec toutes ces richesses qu’ils tiraient de la terre, les habitants construisirent les temples, les palais des rois, les ports, les chantiers maritimes, et ils embellirent tout le reste du pays dans l’ordre que je vais dire.

Ils commencèrent par jeter des ponts sur les fossés d’eau de mer qui entouraient l’antique métropole, pour ménager un passage vers le dehors et vers le palais royal. Ce palais, ils l’avaient élevé dès l’origine à la place habitée par le dieu et par leurs ancêtres. Chaque roi, en le recevant de son prédécesseur, ajoutait à ses embellissements et mettait tous ses soins à le surpasser, si bien qu’ils firent de leur demeure un objet d’admiration par la grandeur et la beauté de leurs travaux.

Le plus grand des fossés circulaires, celui qui communiquait avec la mer, avait trois stades de largeur, et l’enceinte de terre qui lui faisait suite en avait autant. Des deux enceintes suivantes, celle d’eau avait une largeur de deux stades et celle de terre était
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encore égale à celle d’eau qui la précédait ; celle qui entourait l’île centrale n’avait qu’un stade. Quant à l’île où se trouvait le palais des rois, elle avait un diamètre de cinq stades. Ils revêtirent d’un mur de pierre le pourtour de cette île,

Ils tirèrent leurs pierres du pourtour de l’île centrale et de dessous les enceintes, à l’extérieur et à l’intérieur ; il y en avait des blanches, des noires et des rouges.

Ils revêtirent d’airain, en guise d’enduit, tout le pourtour du mur qui entourait l’enceinte la plus extérieure ; d’étain fondu celui de l’enceinte intérieure, et celle qui entourait l’acropole elle-même d’orichalque aux reflets de feu.

Le palais royal, à l’intérieur de l’acropole, avait été agencé comme je vais dire. Au centre même de l’acropole il y avait un temple consacré à Clito et à Poséidon. L’accès en était interdit et il était entouré d’une clôture d’or. C’est là qu’à l’origine ils avaient
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engendré et mis au jour la race des dix princes. C’est là aussi qu’on venait chaque année des dix provinces qu’ils s’étaient partagées offrir à chacun d’eux les sacrifices de saison. Le temple de Poséidon lui-même était long d’un stade, large de trois plèthres et d’une hauteur proportionnée à ces dimensions ; mais il avait dans son aspect quelque chose de barbare. Le temple tout entier, à l’extérieur, était revêtu d’argent, hormis les acrotères, qui l’étaient d’or ; à l’intérieur, la voûte était tout entière d’ivoire émaillé d’or, d’argent et d’orichalque ; tout le reste, murs, colonnes et pavés, était garni d’orichalque. On y avait dressé des statues d’or, en particulier celle du dieu, debout sur un char, conduisant six chevaux ailés, et si grand que sa tête touchait la voûte, puis, en cercle autour de lui, cent Néréides1 sur des dauphins; car on croyait alors qu’elles étaient au nombre de cent ; mais il y avait aussi beaucoup d’autres statues consacrées par des particuliers. Autour du temple, à l’extérieur, se dressaient les statues d’or de toutes les princesses et de tous les princes qui descendaient des dix rois et beaucoup d’autres grandes statues dédiées par les rois et les particuliers, soit de la ville même, soit des pays du dehors soumis à leur autorité. Il y avait aussi un autel dont la grandeur et le travail étaient en rapport avec tout
1 Selon la tradition ordinaire, elles étaient au nombre de cinquante.
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cet appareil, et tout le palais de même était proportionné à la grandeur de l’empire, comme aussi aux ornements du temple.

 

Les chevaux ailés, ou Pégases, sont une image du soleil.

Les chevaux ailés, ou Pégases, sont une image du soleil et du feu (foudre) du ciel.

 

Quand on avait traversé les trois ports extérieurs, on trouvait un mur circulaire commençant à la mer et partout distant de cinquante stades de la plus grande enceinte et de son port. Ce mur venait fermer au même point l’entrée du canal du côté de la mer. Il était tout entier couvert de maisons nombreuses et serrées les unes contre les autres, et le canal et le plus grand port étaient remplis de vaisseaux et de marchands venus de tous les pays du monde et de leur foule s’élevaient jour et nuit des cris, du tumulte et des bruits de toute espèce.
(…)
on m’a dit que tout le pays était très élevé et à pic sur la mer, mais que tout autour de la ville s’étendait une plaine qui l’entourait et qui était elle-même encerclée de montagnes descendant jusqu’à la mer ; que sa surface était unie et régulière, qu’elle était oblongue en son ensemble, qu’elle mesurait sur un côté trois mille stades et à son centre, en montant de la mer, deux mille. Cette région était, dans toute la longueur de l’île, exposée au midi et à l’abri des vents du nord. (Luc Brisson traduit « Le territoire que constituait l’île en son entier était orienté vers le Sud et abrité des vents glacés venant du Nord. Quant aux montagnes qui l’entouraient, on en célébrait en ce temps-là le nombre, la majesté et la beauté… »)

 

c. Carte de l’Atlantide et contradictions des dessins habituels

L’île d’Atlantide peut être décrite en deux temps : l’île centrale ou ville, qui contient l’Acropole ou la ville haute et le temple de Poséidon ; et la plaine l’entourant, cerclée vers l’extérieur de montagnes.

Luc Brisson donne ces deux cartes comme représentation de l’Atlantide, et comme représentation de son île centrale. Pourtant ces images sont totalement fausses par rapport à la description qui en est faite par Platon:

Atlantide_luc_brisson

Atlantide_ile_centrale_luc_brisson

De plus, il y a de nombreuses contradictions apparentes dans la description générale de l’Atlantide, et il est, à mon avis, important de les prendre en compte et de tenter de les comprendre, plutôt que de les ignorer.

Voici les contradictions :

on m’a dit que tout le pays était très élevé et à pic sur la mer, mais que tout autour de la ville s’étendait une plaine qui l’entourait et qui était elle-même encerclée de montagnes descendant jusqu’à la mer ; que sa surface était unie et régulière, qu’elle était oblongue en son ensemble, qu’elle mesurait sur un côté trois mille stades et à son centre, en montant de la mer, deux mille. Cette région était, dans toute la longueur de l’île, exposée au midi et à l’abri des vents du nord. (Luc Brisson traduit « Le territoire que constituait l’île en son entier était orienté vers le Sud et abrité des vents glacés venant du Nord. Quant aux montagnes qui l’entouraient, on en célébrait en ce temps-là le nombre, la majesté et la beauté… »)

Attention aux traductions rectifiées pour correspondre à la carte faite par l’auteur, c’est pour cette raison que je m’attache aux deux traductions.
Il est clairement écrit que la plaine est placée autour de la ville (l’Acropole et ses anneaux), et qu’elle n’est non pas rectangle mais oblongue, soit quasi elliptique. L’île en entier (et non pas la longueur de l’île, comme aimerait nous le faire lire ce traducteur) désigne bien l’Atlantide dans sa totalité, et non l’île centrale (dans ce cas il est précisé « centrale »). Elle est orienté vers le Sud et abritée (par les montagnes qui l’entourent) des vents du Nord. Ceci est un problème pour les traducteurs, qui comprennent bien qu’un tel schéma est impossible, à moins que… Le Soleil (donc le Sud) soit placé en son centre, dans l’Acropole. Le Sud signifie en effet Soleil, donc le mot est dans ce cas parfaitement employé.

 

solarmini-1

 

La raison pour laquelle beaucoup ont placés la plaine sur un côté de l’île d’Atlantide, est probablement ces fameuses orientations nord et sud. Ils ont donc choisit de désigner par le terme « île » l’île centrale dans ce paragraphe, alors qu’il est toujours précisé « centrale » (ou ville) lorsqu’elle est décrite, et que ce n’est pas le cas ici. De plus, le texte dit clairement : « tout autour de la ville s’étendait une plaine qui l’entourait et qui était elle-même encerclée de montagnes »

C’est sans équivoque l’île d’Atlantis entière ou « le pays entier » qui est désigné, en opposition à la ville ou l’île centrale qui est décrite auparavant. Il est en effet précisé juste avant la description :

Je viens de vous donner un rapport assez fidèle de ce que l’on m’a dit jadis de la ville et du vieux palais. À présent il me faut essayer de rappeler quel était le
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caractère du pays et la forme de son organisation.

La plaine entoure l’île centrale (l’Acropole, ses anneaux et le mur), et elle est également exposée au sud.
Elle n’est pas rectangle mais oblongue :

Oval2-1

 

Les montagnes protégeant des vents du nord peuvent être la ceinture de Kuiper et/ou le nuage d’Oort, qui, quant à lui présente les limites de notre « planète système solaire » littéralement portée par le soleil lui même (Atlas), c’est-à-dire par la force gravitationnelle provenant de ce dernier.

oort_nuage_1b

oort

 

Elle avait la forme d’un quadrilatère généralement rectiligne et oblong ; ce qui lui manquait en régularité avait été
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corrigé par un fossé creusé sur son pourtour. En ce qui regarde la profondeur, la largeur et la longueur de ce fossé, il est difficile de croire qu’il ait eu les proportions qu’on lui prête, si l’on considère que c’était un ouvrage fait de main d’homme, ajouté aux autres travaux. Il faut cependant répéter ce que nous avons ouï dire : il avait été creusé à la profondeur d’un plèthre, sa largeur était partout d’un stade, et, comme sa longueur embrassait toute la plaine, elle montait à dix mille stades.

Elles servaient au flottage des bois descendus des montagnes vers la ville et au transport par bateaux des autres productions de chaque saison, grâce à des canaux qui partaient des tranchées et les faisaient communiquer obliquement (Luc Brisson traduit “car des chenaux navigables avaient été ouverts à partir des canaux par rapport auxquels ils formaient un angle droit 163 et ils ouvraient une voie de communication vers la ville.” Il ajoute en note 163, pour justifier sa traduction : Alors que les canaux sont orientés Nord-Sud, les chenaux sont orientés Est-Ouest. Cf la carte 7. Ceci est donc tout à fait une interprétation.) les unes avec les autres et avec la ville.

Les canaux ne sont pas droits mais obliques : « grâce à des canaux qui partaient des tranchées et les faisaient communiquer obliquement les unes avec les autres et avec la ville. »

Ces canaux ne sont pas des canaux matériels tels que nous pouvons les rencontrer sur Terre, mais l’image des rayons du soleil, ce sont les canaux où voyagent la lumière.

Voici mon interprétation de la description de l’île d’Atlantide:

(Notez bien que les tranchées oblongues à l’intérieure de l’île n’ont pas de nombre précis, même si l’île complète est divisée en dix. Ici elles visent simplement à montrer la forme de l’île; selon mon interprétation, elles sont au nombre de six dans la plaine, et les dix parties sont réparties ainsi: 3 tranchées de l’île centrale, 1 mur, 6 tranchées dans la plaine)

 

Atlantide

Atlantide

 

Le trait oblong à l’extérieur représente les montagnes, qui encerclent l’île.

Le rond au centre représente l’île centrale, la mer et le mur, visible en plus grand ci après:

Atlantide_ile_centrale

Île centrale, mer, et mur

 

Une contradiction majeure dans la description d’Atlantis, en plus de la localisation du Sud, est l’image qui suit :

Il faut cependant répéter ce que nous avons ouï dire : il avait été creusé à la profondeur d’un plèthre, sa largeur était partout d’un stade, et, comme sa longueur embrassait toute la plaine, elle montait à dix mille stades. Il recevait les cours d’eau qui descendaient des montagnes, faisait le tour de la plaine, aboutissait à la ville par ses deux extrémités, d’où on le laissait s’écouler dans la mer. De la partie haute de la ville partaient des tranchées d’environ cent pieds de large, qui coupaient la plaine en ligne droite et se déchargeaient dans le fossé près de la mer ; de l’une à l’autre il y avait un intervalle de cent stades. Elles servaient au flottage des bois descendus des montagnes vers la ville et au transport par bateaux des autres productions de chaque saison, grâce à des canaux qui partaient des tranchées et les faisaient communiquer obliquement les unes avec les autres et avec la ville.

La ville est la partie la plus haute, et pourtant c’est elle qui reçoit les cours d’eau provenant des montagnes entourant la plaine, comme-ci elle les attiraient. L’on comprend bien que cela ne peut fonctionner, et que quand bien même ils arriveraient dans le canal entourant la ville, ce dernier déborderait rapidement. A moins qu’il ne s’agisse pas d’eau, fluide utilisé comme image de comparaison, mais bien du système solaire et de la gravitation de l’Acropole (la ville haute : le Soleil) qui attire à elle les bois et autres productions de chaque saison…

 

L’affirmation suivante soutient cette interprétation d’une Atlantide beaucoup plus vaste et universelle qu’une simple île perdue dans l’océan, sur Terre :

Notez qu’il y avait tous les ans deux récoltes, parce que l’hiver on utilisait les pluies de Zeus, et en été, les eaux qui jaillissent de la terre, qu’on amenait des tranchées.

Deux saisons, car deux hémisphères (boréal et austral). Les dates des saisons ne sont plus dépendantes de la seule géolocalisation sur Terre, il est décrit ici un phénomène global.

 

Quant aux hommes à tirer des montagnes et du reste du pays, leur nombre, à ce qu’on m’a dit, était infini.

Et oui, il est écrit infini. Le nombre des hommes habitant les montagnes (au « Nord ») et au delà, c’est-à-dire au delà du système solaire, dans l’univers, est infini.
Les hommes sont bien sûr une image des constituants et matériaux de l’univers.

 

Chacun des dix rois dans son district et dans sa ville avait tout
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pouvoir sur les hommes et sur la plupart des lois : il punissait et faisait mettre à mort qui il voulait. Mais leur autorité l’un sur l’autre et leurs relations mutuelles étaient réglées sur les instructions de Poséidon, telles qu’elles leur avaient été transmises par la loi, et par les inscriptions gravées par les premiers rois sur une colonne d’orichalque, placée au centre de l’île dans le temple de Poséidon.

 

 

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