3. Mithra ou le taureau de feu (fr)

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Ce dernier paragraphe vous donnera les clés de compréhension d’un rituel encore important aujourd’hui dans toutes les cultures avec du sang européen: la tauromachie. Qu’il s’agisse des vaches et taureaux des grottes préhistoriques, des taureaux sacrés de l’Egypte antique, des vaches sacrifiées sur les tombes dans le nord de l’Europe et de la vache primordiale, ou des taureaux sacrifiés lors du sacre du roi chez les celtes, du mystérieux culte de Mithra, des vaches sacrées d’Inde, ou des buffles saignés lors du choix de l’enfant-déesse Kumari au Népal (rite sur lequel nous reviendrons), des mythiques bisons chez les indiens d’Amérique, des corridas modernes, ou encore de nombreux autres rituels ; le sens de ces sacrifices s’explique d’une seule manière.

 

Buffalo sacrifice during Dasain, Kot Square. Richard I'Anson Lonely Planet Photographer © Copyright Lonely Planet Images 2011

Buffalo sacrifice during Dasain, Kot Square.
Richard I’Anson Lonely Planet Photographer
© Copyright Lonely Planet Images 2011

Le taureau de Crète

Le taureau de Crète

Corrida

Corrida

 

Chacun des dix rois dans son district et dans sa ville avait tout
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pouvoir sur les hommes et sur la plupart des lois : il punissait et faisait mettre à mort qui il voulait. Mais leur autorité l’un sur l’autre et leurs relations mutuelles étaient réglées sur les instructions de Poséidon, telles qu’elles leur avaient été transmises par la loi, et par les inscriptions gravées par les premiers rois sur une colonne d’orichalque, placée au centre de l’île dans le temple de Poséidon.

En ce qui concerne le rituel consacré au taureau, il faut savoir plusieurs choses. Aujourd’hui, beaucoup de bovins ont un cycle oestral indépendant des saisons, sans nul doute à cause de la domestication et des croisements opérés sur les races. La vache a donc obtenu un cycle oestral proche de celui de la femme : qui se renouvelle tous les 21 jours. Cependant, les races rustiques possèdent encore un cycle oestral dépendant des saisons. La saison de reproduction est à la fin du printemps ou au début de l’été, et la vache ovule uniquement à ce moment là. Comme la plupart des mammifères européens, la vache, et probablement son ancêtre l’auroch, avait et a un anoestrus saisonnier.

http://www.memoireonline.com/08/09/2462/m_Maitrise-des-cycles-sexuels-chez-les-bovins-Application-de-traitements-combines–base-de-progest4.html

Ou, sur la vache Highland, race rustique:

http://www.hunt-cam.fr/ferme/Highland-cattle/highland-reproduction.htm

“En règle générale, la saison des amours a lieu à la fin du printemps. En effet, ce n’est qu’une fois que la vache aura reconstitué ses réserves après l’hiver qu’elle retombera en chaleur. Les naissances s’étalent donc à partir du mois de mars jusqu’à fin juin.

La gestation des vaches dure neuf mois (de 280 à 290 jours). “

La comparaison avec le cycle humain de s’arrête pas là. En effet, la période de gestation de la vache est de 9 mois, exactement comme la femme. On comprend pourquoi la saison de reproduction est au début de l’été : afin que les petits naissent au printemps et aient le temps de se développer avant l’hiver suivant.

Cette gestation de neuf mois est particulière dans le monde animal, la plupart des mammifères ayant une gestation bien plus courte. Seule la biche s’en rapproche avec une gestation de huit mois (d’où la saison des amours, bien connues, en automne). La vache et le taureau sont des symboles forts, et ils le sont d’autant plus que le taureau se bat avec une force rare… en été. Cela fait de lui un symbole solaire, image du soleil dans toute sa puissance. Celui qui gagne sera le soleil protecteur pour l’année. Le taureau, c’est le soleil au zénith, la deuxième étape sur trois dans la course du soleil, le taureau, c’est celui qui porte le soleil entre ses cornes. Evidement le soleil de l’année se doit d’être le plus fort, et le moins fort se doit de saigner, comme le soleil mourant. Le soleil de midi est celui qui succède au soleil rouge de l’aube, il est vainqueur.

Dans l’Egypte antique, les trois taureaux, représentant sans doute à l’origine les trois phases du soleil sont Boukhis, Mnévis et Apis.

Apis, qui porte le soleil entre ses cornes (!):

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Le culte du taureau est connu depuis la nuit des temps en Europe, avec notamment des manifestations telles que le culte de Mithra ou dans la mythologie nordique au moment d’Halloween. Il est quasiment impossible de citer tous les rituels européens, anciens ou modernes, liés aux taureaux/vaches, sans en oublier.

 

Le sacrifice du taureau mérite donc d’être expliqué plus en détail.

Le soleil est un astre particulier dans le système solaire. Il ressemble au feu, mais il se nourrit de lui-même. Nul besoin de lui donner à manger, il se détruit pour se consumer à nouveau. C’est bien sûr ce symbole qui est essentiel. Comme le Phoenix, il renaît de ses propres cendres, à la fois comme nous le voyons sur Terre, mais aussi en tant qu’Étoile. C’est pour cette raison que le taureau est égorgé, il se donne nourriture à lui-même, de son propre sang il renaît.

Phoenix

Phoenix

Mithra sacrifiant le taureau

Mithra sacrifiant le taureau

Il y avait dans l’enceinte du temple de Poséidon des taureaux en liberté. Les dix rois, laissés seuls, priaient le dieu de leur faire capturer la victime qui lui serait agréable, après quoi ils se mettaient en chasse avec des bâtons et des nœuds coulants, sans fer. Ils amenaient alors à la colonne le taureau qu’ils avaient pris, l’égorgeaient à son sommet et faisaient couler le sang sur l’inscription. Sur la colonne, outre les lois, un serment était gravé, qui proférait de terribles imprécations contre ceux qui désobéiraient. Lors donc qu’ils avaient sacrifié suivant leurs lois, ils consacraient tout le corps du taureau, puis, remplissant de vin un
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cratère, ils y jetaient au nom de chacun d’eux un caillot de sang et portaient le reste dans le feu, après avoir purifié le pourtour de la colonne. Puisant ensuite dans le cratère avec des coupes d’or, ils faisaient une libation sur le feu en jurant qu’ils jugeraient conformément aux lois inscrites sur la colonne et puniraient quiconque les aurait violées antérieurement, qu’à l’avenir ils n’enfreindraient volontairement aucune des prescriptions écrites et ne commanderaient et n’obéiraient à un commandement que conformément aux lois de leur père. Lorsque chacun d’eux avait pris cet engagement pour lui-même et sa descendance, il buvait et consacrait sa coupe dans le temple du dieu ; puis il s’occupait du dîner et des cérémonies nécessaires.

 

 

Graal-porte-demoiselle

 

Sur le culte de Mithra:

Selon un récit reconstruit à partir des images et de quelques témoignages écrits, le dieu Mithra nait d’une pierre (la petra generatrix) près d’une source sacrée, sous un arbre lui aussi sacré. Au moment de sa naissance il porte le bonnet phrygien, une torche et un couteau.
Adoré par les pasteurs dès sa naissance, il boit l’eau de la source sacrée. Avec son couteau, il coupe le fruit de l’arbre sacré, et avec les feuilles de cet arbre se confectionne des vêtements.
Il rencontre le taureau primordial quand celui-ci paissait dans les montagnes. Il le saisit par les cornes et le monte, mais, dans son galop sauvage, la bête le fit tomber. Cependant, Mithra continua à s’accrocher aux cornes de l’animal, et le taureau le traîna pendant longtemps, jusqu’à ce que l’animal n’en puisse plus. Le dieu l’attacha alors par ses pattes arrière, et le chargea sur ses épaules. Ce voyage de Mithra avec le taureau sur ses épaules se nomme transitus.
Quand Mithra arriva dans la grotte, un corbeau envoyé par le Soleil lui annonça qu’il devait faire un sacrifice, et le dieu, soumettant le taureau, lui enfonçe le couteau dans le flanc. De la colonne vertébrale du taureau sort du blé, et de son sang coule du vin. Sa semence, recueillie par la lune, produit des animaux utiles aux hommes.
Arrivent alors le chien qui mange le grain, le scorpion qui serre les testicules du taureau avec ses pinces, et le serpent.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Culte_de_Mithra

Le sang est donné au feu, car symboliquement il représente le feu du soleil, qui se nourrit de son propre sang. Le sang coule sur la Loi qui n’est autre que la loi de la gravitation qui régit le système solaire. Tant que le soleil brûlera, elle tiendra, et le soleil portera (littéralement) la Terre et les planètes qui l’environne ; et cette loi même, nos ancêtres les plus reculés la savaient. C’était la loi essentielle. Le soleil n’était pas si important uniquement du fait de la chaleur et de la lumière qu’il apportait, ou encore parce qu’il fertilisait les champs comme on l’entend si souvent, mais parce que c’est lui, et seulement lui, qui porte la Terre, tout être vivant et tout homme tel qu’il est.

Les éléments de preuve sont innombrables. Dans la description du mystérieux culte de Mithra (Mitra en sanskrit signifie « contrat » : la loi de la gravitation) sur Wikipédia, j’ai été arrêté par un élément que je ne connaissais pas, mais vient tout naturellement s’ajouter ici :

« Certaines peintures montrent Mithra transportant un rocher sur son dos, comme Atlas dans la mythologie grecque, et/ou vêtu d’une cape dont le côté intérieur représente le ciel étoilé. Près d’un mithræum proche du Mur d’Hadrien, a été mise au jour une statue de Mithra en bronze sortant d’un anneau zodiacal en forme d’œuf, elle est aujourd’hui conservée à l’Université de Newcastle. »

Mithra

Mithra

 

Le fait que le taureau porte Mithra découle de la même image.

Il est dit aussi:

Le rôle de la statue de tauroctonie dans les rites n’est pas très clair : dans certains mithræa, on a découvert des piédestaux tournants, qui peuvent montrer et cacher alternativement l’image divine aux fidèles.
À un certain moment de l’évolution du mithraïsme, le rite du « taurobole », ou le baptême des fidèles avec le sang d’un taureau, a été pratiqué à l’instar d’autres religions orientales.

Le 25 décembre (qui coïncide à peu près avec le solstice d’hiver), se commémore la naissance de Mithra. Le 16 de chaque mois est sacré également. Les adeptes de Mithra louent également le dimanche, jour du Soleil.

 

Pourquoi n’ont-ils pas compris ?!
Dans le christianisme, comme dans l’histoire de Perceval, le rite du don du vin et du pain n’est autre que ce même rituel, qui date de la nuit des temps, et qui représente la constante renaissance du soleil, le feu qui consume son propre sang ; introduction à la réincarnation humaine, qui fera suite à cette article, et qui prendra tout son sens avec la description du culte de l’ours et du déluge affectant l’île d’Atlantis.
Qu dire sur la vache primordiale Audhumbla qui lèche la glace et donne ainsi naissance à Búri, le ciel? le sens de ces mots est maintenant évident : le soleil fait fondre la glace et ainsi permet à la matière de se mouvoir, et à la vie telle que nous la connaissons d’éclore. Le lait n’est autre que l’eau qui fond alors qu’elle lèche sans cesse.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Búri

Búri lui même engendrera Odin, Vili et Vé.

Mithra et sa cape étoilée

Mithra et sa cape étoilée

figurine-magicien-merlin

 

Enfin, concernant la cape étoilée, ou les piédestaux tournants qui peuvent montrer et cacher l’image divine, elle représente bien sûr la nuit, et les planètes qui se tournent dos au soleil. On veut nous faire penser que nos ancêtres voyaient la Terre plate, mais c’est tout à fait faux. Ils ont toujours compris la composition de l’univers et les lois qui l’habitent. Lorsque la planète (rappelez-vous, l’un des dix rois de l’Atlantide, c’est-à-dire du système solaire!) revêt sa cape bleu étoilée, elle se tourne.

Les magiciens, tels que Merlin, ou autres sorciers, représentent la connaissance des lois de l’univers et du temps (c’est pourquoi ils sont toujours très vieux). Le magicien est l’un des dix rois de l’Atlantide, c’est à dire l’une des neuf planètes plus le Soleil (pour la neuvième, choisissez entre Pluton, qui n’est probablement pas une planète au sens strict et Tyché, quatre fois plus massive que Jupiter). Le chapeau pointu quand à lui, orné parfois d’un calendrier basé sur les phases de la Lune, est une représentation du temps.

 

Tyché

Tyché

http://en.wikipedia.org/wiki/Berlin_Gold_Hat

Berlin Gold Hat

Berlin Gold Hat

 

Quand l’obscurité était venue et que le feu des sacrifices était refroidi, chacun d’eux revêtait une robe d’un bleu sombre de toute beauté ( Luc Brisson traduit : « tous alors, revêtus d’une robe de couleur bleu sombre, incomparablement belle ») , puis ils s’asseyaient à terre dans les cendres du sacrifice où ils avaient prêté serment, et, pendant la nuit, après avoir éteint tout le feu dans le temple, ils étaient jugés ou jugeaient, si quelqu’un en accusait un autre d’avoir enfreint quelque prescription. Leurs jugements rendus, ils les inscrivaient, au retour de la lumière, sur une table d’or, et les dédiaient avec leurs robes, comme un mémorial. Il y avait en outre beaucoup d’autres lois particulières relatives aux prérogatives de chacun des rois, dont les plus importantes étaient de ne jamais
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porter les armes les uns contre les autres, de se réunir pour se prêter main-forte, dans le cas où l’un d’eux entreprendrait de détruire l’une des races royales dans son État, de délibérer en commun, comme leurs prédécesseurs, sur les décisions à prendre touchant la guerre et les autres affaires, mais en laissant l’hégémonie à la race d’Atlas. Le roi n’était pas maître de condamner à mort aucun de ceux de sa race, sans l’assentiment de plus de la moitié des dix rois.

 

 

Wild-Wyoming-Nuit-etoilée

 

Pour finir cette première partie, et introduire la suivante, parlons d’Heracles, chargé de remplacer le Titan Atlas. Cette réincarnation constante du soleil servira de modèle à la réincarnation humaine, basée sur l’honneur, loi donnée par Zeus à la suite de la transformation de la race d’Atlas :

Telle était la formidable puissance qui existait alors en cette contrée, et que le dieu assembla et tourna contre notre pays, pour la raison que voici. Pendant de nombreuses générations, tant que la nature du dieu se fit sentir suffisamment en eux, ils obéirent aux lois et restèrent attachés au principe divin auquel ils étaient apparentés. Ils n’avaient que des pensées vraies et grandes en tout point, et ils se comportaient avec douceur et sagesse en face de tous les hasards de la vie et à l’égard les uns des autres. Aussi, n’ayant d’attention qu’à la vertu, faisaient-ils peu de cas de leurs biens et supportaient-ils aisément le fardeau qu’était pour eux la masse de leur or et de leurs autres possessions. Ils n’étaient pas enivrés par les plaisirs de la richesse et, toujours maîtres d’eux-mêmes, ils ne s’écartaient pas de leur devoir. Tempérants comme ils étaient, ils voyaient nettement que tous ces biens aussi s’accroissaient par l’affection mutuelle unie à la vertu,
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et que, si on s’y attache et les honore, ils périssent eux- mêmes et la vertu avec eux. Tant qu’ils raisonnèrent ainsi et gardèrent leur nature divine, ils virent croître tous les biens dont j’ai parlé. Mais quand la portion divine qui était en eux s’altéra par son fréquent mélange avec un élément mortel considérable et que le caractère humain prédomina, incapables dès lors de supporter la prospérité, ils se conduisirent indécemment, et à ceux qui savent voir, ils apparurent laids, parce qu’ils perdaient les plus beaux de leurs biens les plus précieux, tandis que ceux qui ne savent pas discerner ce qu’est la vraie vie heureuse les trouvaient justement alors parfaitement beaux et heureux, tout infectés qu’ils étaient d’injustes convoitises et de l’orgueil de dominer. Alors le dieu des dieux, Zeus, qui règne suivant les lois et qui peut discerner ces sortes de choses, s’apercevant du malheureux état d’une race qui avait été vertueuse, résolut de les châtier pour les rendre plus modérés et plus sages. À cet effet, il réunit tous les dieux dans leur demeure, la plus précieuse, celle qui, située au centre de tout l’univers, voit tout ce qui participe à la génération, et, les ayant rassemblés, il leur dit :…
[Le manuscrit de Platon finit sur ces mots. Cf. p. 544]

Ainsi la « guerre » qui opposera Athènes aux Atlantes qui déferleront sur eux, est une guerre symbolique, à la façon de la guerre de Troie. Les habitants de l’Atlantide, c’est-à-dire les ancêtres mourants, déferleront sur les toujours jeunes Athéniens (cf Le Timée), qui devront combattre, c’est-à-dire choisir de redonner vie aux meilleurs, aux plus honorables, aux plus divins.

 

Lascaux. Vache accouchant (explication jamais donnée: on explique parfois qu’un veau se tient derrière elle)

Lascaux

Lascaux

 

Mais encore…:

Lascaux

Lascaux

Chauvet

Chauvet

 

 

 

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