2. Neanderthal deciphered ? (fr)

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a. Développement du cerveau chez l’homme moderne et le chimpanzé

Tout a commencé avec une conférence tenue par JJ Hublin. La conférence avait pour titre « Neanderthal deciphered » quand les études avaient justement montré l’inverse. En fait, il semble qu’elle ait comme but mal caché de faire passer Neanderthal à nouveau pour un singe. C’est apparemment ce qu’ils ont décidé d’en faire, et à vrai dire, il fallait s’en douter. On assiste à la création d’une belle fable, avec l’évolution et l’Out of Africa pour maîtres mots, dans tous les cas, peu importe si le reste ne tient plus.

Ainsi, à la minute 00:27:30 on apprend par exemple que Neanderthal, en particulier Mezmaiskaya (Russie), était plus proche de Denisova que les autres Neanderthaliens. Bien sûr, il est déduit qu’ils proviennent de la même souche. En fait, comme expliqué dans les articles cités ci-après, il est hybridé à Denisova, et les néanderthaliennes de Vindija (Croatie) le sont probablement aussi, à moindre mesure. Cela fausse évidement leurs calculs (c’est pour cette raison qu’à la suite de leur étude génétique, certains ont allègrement prétendu que les asiatiques avaient la part plus importante de gènes néanderthaliens), mais personne ne remet rien en question. À ce sujet, je vous invite à regarder ces articles:
I. B. 3. Genetique
I. B. 4. Les secrets du génome Néandertalien
I. B. 5. Les gènes balayés

La conférence est donc visible ici:
http://fora.tv/2011/01/18/Dr_Jean-Jacques_Hublin_Neanderthals_Deciphered

Les failles dans la logique ne leur font pas peur… D’autres extraits valent vraiment le coup, comme la diversité génétiques des chimpanzés à la minute 00:21, qui entre sévèrement en contradiction avec les affirmations de ceux qui prétendent que les chimpanzés ont 99% d’ADN en commun avec l’homme. Mais encore une fois, ces questions ont déjà étés traitées.

http://news.sciencemag.org/sciencenow/2010/11/neandertal-brains-developed-more.html

With brains as big as ours, Neandertals were no dumb brutes. But their brains may have developed in a manner much different from the way ours do, according to a new study.

Non, Neanderthal n’avait pas un cerveau aussi gros que le notre, mais plus gros, et c’est là toute la différence, car alors les différences de formes ne sont plus aussi significatives.
Un peu comme à l’époque de l’église et de Marcellin Boule, on assiste à une redescente du status du pauvre Neanderthalien qui, malheureusement, est bien maltraité et surtout bien dérangeant. Mais en tout cas, c’est ici, entre autre, qu’ils ont relié l’affaire à l’autisme. C’est ainsi que l’on entend JJ Hublin, en anglais avec un accent très francais, dire cela : 00:37:45

“It has been possible again using this method of geometric morphometric to assess the changes in shape of the brain from the birth to the adulthood in Neanderthals and in modern humans. This chart is a bit busy, but I will try to simplify it. This green line that you have here is the morphological trajectory of a chimpanzee between its birth and adulthood and… to make it very simple it follows this curve trajectory so there is a change in size but there is also a change in shape.”

Neanderthal deciphered brain development Hublin conference

Neanderthal deciphered – Brain development

En bleu: Humain moderne
En rouge: Neanderthal
En vert: Chimpanzé

“When you look at modern humans, you also have this kind of curve a bit similar to the one of the chimpanzees and approximately paralell but not between birth and adulthood but between one year old and adulthood. 

The difference between the chimpanzees and the modern human is that modern human, they added this stade of development that does not existing in chimpanzees and this is a vertical portion of the trajectory here. This vertical segment is what is going on between birth and one year old and what is going on along this segment is the development of this parietal areas and this changes in the cerebelum area, which means that the differences that we have between a neanderthal adult and a modern adult is something that develop in the very beggining of life and this is very important because we know that what is going on in the brain in the very first month and years of life is crucial. Why ? Because humans they develop their brain in interaction with the environment. The brain of humans is a very peculiar organ, when we get born, we have a brain which is about a quarter of the adult size and three quarter of the size of our brain develop after birth and mostly between birth and four years old, ok ?

And during this period of time where the size of the brain is multiply by 4 we interact with our mother, with our friends, our brothers, with the dog, with city environment and so, the brain of humans is a computer which is rewritten what it is used. And it is likely why we are able to master something like language for example, so it is very crucial to identify differnces between Neanderthals and modern humans not just in general in the shape of the brain but also in this time scale and to figurate that this differences are etablished very early. It looks like modern humans have a longer development of their brain and it is likely that it has some influence on the complexity of our cognitive abilities, so all this color here is Neanderthals that are been plotted … and what you see is that also at birth the brain of a Neanderthal is very close from the shape of the brain of a modern baby. The trajectory leeding to an adult shape is parallell to the one we have in chimpanzees and that not show this long vertical segment here that we have in modern humans.

And this is something very new, you see, it has been published this year so just a few months ago actually and it’s an observation that is interesting to put together with something that our collegues geneticist have found, this is a list of a number of genes that are different between Neanderthals and moderns humans and when you look at this list of genes, there are at least to or three genes here which are related to the brain development and the development of cognitive abilities and in particular there are to genes here which are implicated in autism in modern children and this is very interesting because people working on autism and how autism develops argue that one of the mechanism of development of autism is related to the speed of development of the brain so in other words autistic childreen seems to have a brain that develop faster than the brain of other kids.

So it is remarkable to find the same kinds of differences with Neanderthals and modern humans. I am not arguing that Neanderthal was autistic but what I am saying is that genes which are involved in the development of the brain in humans today are different between Neanderthals and modern humans and when we look at the shape trajectory of the brain during the first year of life we also see differences between Neanderthals and modern humans and I believe it is very likely implication in term of cognitive abilities and the complexity of this cognitive abilities in modern humans and Neanderthals.”

Les gènes listés, sont un petit groupe de gènes sélectionné parmi un groupe assez conséquent que j’évoquais ici. Les gènes dit « gènes balayés ». Il explique donc que les gènes balayés, c’est-à-dire, les gènes qui sont le plus différents chez Néanderthal, par rapport aux individus modernes testés, contiennent les gènes listés ci-dessous (cette liste étant, encore une fois, une part infime de ce groupe de gènes balayés) :

Neanderthal deciphered conference Hublin - The swept away genes

The swept away genes

b. Autisme : Les gènes impliqués varient d’une famille à l’autre

Effectivement, la liste contient CADPS2 et AUTS2, gènes impliqués dans l’autisme, mais les choses sont présentées comme s’il s’agissait plus ou moins des gènes de l’autisme, sans que soit précisé que l’autisme en lui-même n’est lié à aucun gène précis, et même pas à un groupe de gènes précis. L’autisme, dans une même famille, est lié au même groupe de gènes, mais uniquement dans une même famille. Ainsi, CADPS2 et AUTS2 sont bien impliqués dans l’autisme, mais lier l’autisme à un ou deux gènes apparement différents chez Neanderthal, au même titre que quelques maladies génétiques identifiées est à mon avis une erreur. Bien sûr, on peut penser que cette différence n’est pas si importante, et pourtant elle change beaucoup de chose.

En effet, nombreuses sont les publications qui disent avoir trouvé un gène impliqué dans 1% des cas d’autisme, ou un groupe de gènes retrouvés chez deux familles présentant des troubles du spectre de l’autisme. Nombreux sont les essais pour trouver le ou les gènes impliqués dans l’autisme, ou comprendre son fonctionnement. L’Autisme Genome Project amis en valeur quelques particularités revenant souvent dans les familles testées, mais surtout le fait que lesdits « gènes de l’autisme » étaient les mêmes dans une même famille, mais pas d’une famille à l’autre. Les raisons sont clairement génétiques, mais peu classiques.

Sur ce site, vous avez accès à tous les gènes hypothétiquement impliqués dans l’autisme :
http://autism.mindspec.org

Sur CADPS2 : http://autism.mindspec.org/GeneDetail/CADPS2

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1821065/pdf/JCI0729031.pdf

Figure 10 autism

Figure 10

Et sur AUTS2, certes associé à certains autismes, mais surtout à d’autres problèmes mentaux, et au retard mental (qui, rappelons-le ne doit pas être confondu à l’autisme stricto sensus) :

http://autism.mindspec.org/GeneDetail/AUTS2
Multiple studies have identified rare mutations in the AUTS2 gene with autism. In addition, several studies have found that rare variants in AUTS2 are identified with mental retardation, ADHD, epilepsy and genetically associated with alchohol consumption.

Le fait que le gène AUTS2 soit différent chez Neanderthal, ne signifie pas qu’il avait la version du gène associée à ces maladies, mais au contraire, il est probable que l’hybridation ait créé une défaillance du gène.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17211639?dopt=Abstract :
Mutations in autism susceptibility candidate 2 (AUTS2) in patients with mental retardation.
We report on three unrelated mentally disabled patients, each carrying a de novo balanced translocation that truncates the autism susceptibility candidate 2 (AUTS2) gene at 7q11.2. One of our patients shows relatively mild mental retardation; the other two display more profound disorders. One patient is also physically disabled, exhibiting urogenital and limb malformations in addition to severe mental retardation. The function of AUTS2 is presently unknown, but it has been shown to be disrupted in monozygotic twins with autism and mental retardation, both carrying a translocation t(7;20)(q11.2;p11.2) (de la Barra et al. in Rev Chil Pediatr 57:549-554, 1986; Sultana et al. in Genomics 80:129-134, 2002). Given the overlap of this autism/mental retardation (MR) phenotype and the MR-associated disorders in our patients, together with the fact that mapping of the additional autosomal breakpoints involved did not disclose obvious candidate disease genes, we ascertain with this study that AUTS2 mutations are clearly linked to autosomal dominant mental retardation.

www.inserm.fr/content/download/…/cp_betancurl_22_02_2007.pdf
Catalina Betancur, chercheur à l’unité Inserm U513 à Créteil et un des investigateurs principaux de l’étude (Autism Genome Project), déclare : « Les résultats de cette étude soulignent que l’autisme n’est pas une maladie avec une cause unique, mais un trouble comportemental avec de nombreuses causes génétiques et dont les gènes impliqués varient d’une famille à l’autre ».

c. Le développement du cerveau chez le petit néanderthalien

M. Hublin continue, assurant que le développement du cerveau des petits néandertaliens suit la même courbe que celle des chimpanzés, et qu’elle est également la même chez les autistes. Je crois que cela est faux.
Il explique qu’il se développe probablement plus vite chez Néandertal, et chez les autistes, et je pense que ceci mérite d’être détaillé.

Il explique en plus que ces développements (modernes et néandertaliens), sont deux développements différents pour amener à un gros cerveau, précisant que l’homme moderne, comme l’homme de Néandertal, possède un gros cerveau. Deux gros cerveaux, dit-il, omettant tout de même de préciser leur différence de taille. Les néandertaliens (mais aussi les premiers Cro-Magnons, les hybrides) possédaient un cerveau plus gros que l’homme dit moderne. L’évolution en prend un coup, mais c’est comme cela…

Que M. Hublin tire de telles conclusions quant au développement du cerveau des petits néandertaliens est assez troublant. Neandertal a en effet, en comparaison à d’autres espèces fossiles, livré un nombre certain (mais quand même très limité) de squelettes d’enfants, voire de nouveaux nés.

De là à pouvoir deviner la rapidité de développement de son cerveau, il semble que la science se croie toute puissante. Jamais n’est émit l’idée que travailler sur les restes d’un nouveau-né comme celui du Moustier 2, n’est pas forcément objectif, et peut donner des résultats complètements faux. Un nouveau-né ne meure pas d’un accident de chasse, alors pourquoi est-il mort ? Etait-il prématuré ? Possédait-il une malformation ?
Cela dit, en admettant que les données soient parfaitement justes, voici mes conclusions :

Un cerveau plus gros

M. Hublin cite Gunz et al., c’est-à-dire il se cite lui-même.
http://homepages.rpi.edu/~calhop/Creedence_tapes/neanderthal.pdf

M. Hublin écrit que la capacité du nouveau né néandertalien Le Moustier 2 est estimée, toujours basé sur ses propres études à 408-428 cm3 soit une moyenne de 418 cm3, ce qui, dit-il, est similaire à l’homme moderne. (Mezmaiskaya 1, l’autre nouveau-né néandertalien retrouvé affiche quant à lui 422 à 436 cm3 soit une moyenne de 429 cm3 : The reconstructed endocranial volumes for the Mezmaiskaya specimen range between 422–436 cc cf. 21 http://paleo.revues.org/2107#tocto1n4)

La capacité crânienne d’un nourrisson étant d’environ ¼ celle de l’adulte, comme M. Hublin l’explique lui-même, et l’homme moderne ayant une capacité crânienne moyenne de 1400 cm3 à l’âge adulte, cela fait environ 350 cm3 pour le nourrisson, c’est-à-dire une grosse différence (73,5 cm3 en moyenne) pour un si petit crâne. On peut donc affirmer sans crainte que les capacités crâniennes des nourrissons néandertaliens et modernes ne sont pas « similaires », mais qu’elles affichent la même différence qu’entre les crânes des deux espèces à l’âge adulte. 423,5X4 = 1694cm3

(A) For the virtual reconstruction of the Neanderthal neonate Le Moustier 2, CT scans of individual fragments were assembled on the computer. Fragments that were mirror-imaged to the other side are plotted in a darker shade. The gray surface represents estimated missing data. At birth, Neanderthals and modern humans have very similar endocranial volumes and shapes (red: Le Moustier 2; blue: modern human).

Modern and neanderthal babies skull

Modern and neanderthal babies skull

En effet, de face, les deux nouveaux-nés ont des crânes de formes semblables, mais de profil nous pouvons remarquer que le rouge du crâne du Moustier continue largement plus loin vers l’arrière, et qu’il est bien plus gros.

Enfin, sur le graphique de M.Hublin ne se trouve aucune échelle, aucune mesure, et même les groupes d’âges, qui doivent être devinés, ne sont indiqués que pour l’homme moderne. Ainsi, on retrouve le Moustier 1 (15 ans) en dessous des hommes modernes adultes du groupe 6, et les adultes néandertaliens loin devant. Effectivement, à première vue, l’on peut croire M.Hublin sur parole lorsqu’il nous dit que la forme de la croissance du cerveau néandertalien est la même que celle du chimpanzée, sauf que les deux dessins qu’il nous présente n’a aucune donnée réelle concernant Néandertal :

Brain development modern and neanderthal

Brain development modern and neanderthal

http://homepages.rpi.edu/~calhop/Creedence_tapes/neanderthal.pdf

Voici un autre graphique tiré de l’étude suivante (1994) :

http://193.146.160.29/gtb/sod/usu/$UBUG/repositorio/10311405_Coqueugniot.pdf

Table2 Graph5 fossil children

Table2 Graph5

(Attention, tous les crânes fossiles étudiés et reportés ne sont pas néandertaliens, j’ai surligné les néandertaliens en marron, et j’ai colorié la zone de variabilité des enfants modernes en jaune, pour faciliter une lecture rapide dès le premier coup d’oeil)

Citation tirée de l’étude:

Sur le graphique 5, nous proposons une comparaison des capacités crâniennes entre enfants fossiles et modernes. Nous constatons que les capacités des crânes des enfants de Pech-de-l’Azé, la Quina, Engis 2, Qafzeh 11 et Sungir 2, s’intègrent parfaitement parmi celles des enfants actuels puisqu’elles se situent à l’intérieur de la zone de variation qui est celle de deux écarts types. Pour l’enfant de Sungir 3, les valeurs des capacités sont légèrement au-dessus de la limite supérieure de la variabilité. En revanche, la capacité de l’enfant de Teshik-Tash dépasse largement les limites supérieures de la variabilité, en raison de la longueur maximale du crâne. Il s’agit de l’enfant néanderthalien le plus âgé de la série.

Cette étude est accompagnée du graphique l’illustrant, très clair, que je vous donne donc en comparaison au graphique de l’étude de M.Hublin.
Les crânes d’enfants néandertaliens sont en effet admis dans la limite haute de la variabilité des enfants modernes (leur panel d’enfants comprenaient les principales ethnies, a proportion à peu près égales), comme nous l’imaginions déjà certains fossiles peuvent sortir de la courbe, mais toujours par le haut.

Le plus important pour nous, est surtout que la courbe commence à deux ans et demi, avec, pour l’exemple néandertalien, le fameux crâne du petit Pech de l’Azé. Il est noté ici que sa capacité crânienne a été évaluée, et ce, de la manière la plus sérieuse qu’il soit, puisque c’est justement le sujet de l’étude, à 1200cm3 environ.
Si l’on reprend nos nourrissons néandertaliens, avec une capacité crânienne moyenne de 423,5 cm3 selon les estimations de Gunz et al., nous obtenons 776, 5 cm3 de différence entre la naissance et 2ans et demi.
Effectivement cela représente une évolution rapide, mais pas forcément plus rapide ou différente dans la forme, de l’humain moderne, puisque nous manquons, pour la comparaison, d’un petit néandertalien âgé d’un an. Nous avons la naissance et deux ans et demi et la courbe d’évolution entre ces deux points semble suivre, ou avoir suivit, nous ne pouvons pas savoir, une évolution dramatique à la verticale comme chez l’humain moderne, pour se calmer par la suite, avec une évolution plus lente.
Ce que M. Hublin semble laisser entendre est par exemple que le petit du Pech de l’Azé est âgé d’un an, dans ce cas ces affirmations pourraient éventuellement être justes, mais même lui ne remet pas en cause l’âge de l’enfant du Pech de l’Azé (age group 3, il lui manque donc bien un individu d’age group 2, soit d’un an, pour les néandertaliens)
L’évolution du cerveau d’un petit néandertalien suit donc bien la courbe de croissance dite classique, avec une phase de « globularisation » entre la naissance et deux ans. Le fait qu’elle soit comprise dans la variabilité haute ou encore qu’elle sorte parfois de la zone de variation est expliqué par le fait que Neanderthal, nourrisson, enfant, adolescent, ou adulte possède une capacité crânienne en moyenne plus grande que l’humain moderne.

Entre le Moustier 2 et Pech de l’Azé, il y a presque 800cm3, donc la courbe devrait, sur le dessin de M.Hublin, monter au moins autant que celle de l’homme moderne, et même plus ; elle devrait être d’aspect plus moderne, et elle s’adoucit effectivement après le groupe d’age 3, peut être déjà après le groupe d’age 2 (1 an). Que signifie ce dessin, et pourquoi M. Hublin prétend-il que le crâne néandertalien suit la même courbe de développement que celle d’un chimpanzé? Que le développement du cerveau du chimpanzé soit plus rapide est une chose, mais il est aussi incroyablement plus petit et ce développement rapide n’est donc évidement pas un surplus. Proportionnellement il croit plus rapidement, mais en terme de taille, l’humain gagne plus de matière, en effet, le chimpanzé adulte possède une capacité crânienne comprise entre 275 et 500cm3, soit à peu près la même qu’un nourrisson humain (humain moderne ou néandertalien)!

 

d. Le développement du cerveau chez le petit autiste

En ce qui concerne l’autisme, son affirmation peut-être comprise, dans le sens où le cerveau ce certains autistes se développe en effet plus vite que les enfants normaux. Plus vite est cependant un terme qui, à mon avis, n’est pas vraiment approprié, car le cerveau de ces autistes ne se développe pas seulement plus vite, mais il est aussi, à la fin de son développement, généralement plus gros et plus lourd. Le surplus de développement apparaît dans le jeune âge, particulièrement avant l’âge de deux ans. Cela ressemble effectivement au petit du Pech de l’Azé qui possède bien un surplus de développement par rapport à la moyenne des enfants modernes (surplus qu’il avait déjà, en partie, à la naissance). Cependant, tandis que rien, dans la population néandertalienne, ne laisse penser à une croissance plus douce que la croissance moderne après cette phase (la courbe suit la même forme que la courbe de développement moderne, voire la dépasse, pour arriver à un cerveau plus gros), certaines études suggèrent que la croissance du cerveau des autistes serait en moyenne plus douce après un certain point, pour arriver donc à un cerveau, parfois plus gros, parfois normal (mais jamais plus petit).

Concernant ce développement rapide, les études sont formelles. Concernant l’évolution après ce point, mais aussi la taille de la tête des autistes à la naissance, les études sont contradictoires, mais cette contradiction peut s’expliquer par la race des participants ou le type d’autisme étudié (autisme seul, ou autisme avec retard mental ou autre maladie) puisque l’autisme est dans 50% des cas environ accompagné de retard mental et/ou d’une maladie génétique. Il semble même qu’une taille légèrement plus petite de la tête des enfants autistes à la naissance puisse être une des différence majeure entre l’autisme avec ou sans retard mental. Je rajouterai les études concernées dans la page appendices.

Il semble que certains autistes soient effectivement des représentants de la variabilité haute de la capacité crânienne des humains dit modernes. Que le cerveau suivent une courbe de développement légèrement différente, avec un pic de développement avant deux ans plus élevé que la moyenne, pour se radoucir ensuite (l’âge ou débuterait se radoucissement n’est pas établi, et les études sur ce point sont contradictoires, il est possible que cet âge soit différent d’un individu à l’autre, mais il n’apparait en tout cas jamais avant 4 ans), en moyenne plus que chez les humains dit normaux. À l’âge adulte, la taille du cerveau peut être légèrement supérieure ou égale à la moyenne des humains dit normaux, mais cela ne fait en rien ressembler cette courbe à la courbe de développement du cerveau des chimpanzés.

De plus, il ne faut pas confondre « re-descente par rapport au développement moyen » et « perte ». Les enfant ne perdent pas de partie de leur cerveau, et ils gardent même bien souvent une grande part de leur avance.

Quand les individus comparés (autistes et non autistes) ont pour seule différence l’autisme (et non le genre ou le QI), il n’y a en tout cas pas de re-descente en dessous de la courbe des enfants dits « normaux », effectivement, le surplus de croissance est fait avant deux ans, mais il s’agit bien d’un surplus, la courbe ne suit pas exactement la courbe de croissance des enfants normaux, et, de ce fait, ils « perdent » un peu de ce surplus, mais la taille de leur cerveau reste toujours au dessus de celle des enfants normaux. De plus on observe clairement que le développement des lobes pariétaux n’est pas « tronqué » comme le suggérait M.Hublin chez Neanderthal, et il est fort peu probable que ce soit le cas chez le petit néandertalien, dont la forme de tête au niveau des lobes temporaux, dans l’enfance, est quasi la même que chez l’homme moderne, comme le montre les reconstructions de M.Hublin:

http://homepages.rpi.edu/~calhop/Creedence_tapes/neanderthal.pdf

Modern and neanderthal babies skull

Modern and neanderthal babies skull

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3315057/

We observed generalized cerebral cortical enlargement in individuals with ASD (Autism Spectrum Disorder) at both 2 and 4 – 5 years of age. Rate of cerebral cortical growth across multiple brain regions and tissue compartments, in individuals with ASD, was parallel to that seen in controls, indicating that there was no increase in rate of cerebral cortical growth during this interval. No cerebellar differences were observed in ASD. After controlling for TBV, a disproportionate enlargement in temporal lobe white matter was observed in the ASD group. We found no differences in cortical thickness, but an increase in an estimate of surface area in the ASD group compared to controls for all cortical regions measured (temporal, frontal, and parietal-occipital).

Autistic brain

Autistic brain

Mean group differences are reported in Table 3 for ASD versus controls, and in Table 4 for autistic subjects versus the TYP and DD control subgroups, respectively. Subjects with ASD had significant enlargement in TBV, total tissue volume (TGV+TWV), TGV, and TWV, with a 9% enlargement of cerebral cortex volume compared to controls. Cerebellar volume did not differ significantly between the ASD and control groups. Subjects with ASD had enlargement in both gray and white matter volume for all cortical lobes, but only temporal lobe white matter volume remained significantly enlarged in comparison to controls, after controlling for TBV. This same pattern of generalized volume enlargement in the ASD group for the cerebrum and cortical lobes was also seen in the TYP and DD subgroup comparisons (see Table 4).

table3

Table 3

Table 4

Table 4

Une autre étude :

http://www.youtube.com/watch?v=k7sYLtq0_F8

http://www.sciencedaily.com/releases/2011/11/111108200710.htm

Brain and head overgrowth in children with autism and neural dysfunction are evident at young ages in multiple brain regions, including the prefrontal cortex (PFC), that are involved in higher-order social, emotional, communication, and cognitive development. “Therefore, knowledge of the neural basis of overgrowth could point to early causal mechanisms in autism and elucidate the neural functional defects that engender autistic symptoms. In the first magnetic resonance imaging (MRI) report of early brain overgrowth in autism a decade ago, it was theorized that excess numbers of neurons could be an underlying cause, perhaps due to prenatal dysregulation of proliferation, apoptosis [cell death], or both. However, the neural basis of early overgrowth remains unknown and can only be known from direct quantitative studies of the young postmortem autistic brain,” according to background information in the article.

Eric Courchesne, Ph.D., of the NIH-UCSD School of Medicine Autism Center of Excellence, La Jolla, Calif., and colleagues examined whether early brain overgrowth in children with autism involves excess neuron numbers in the PFC. The study included postmortem prefrontal tissue from 7 autistic and 6 control male children, ages 2 to 16 years, which was examined by expert anatomists who were blinded to diagnostic status. Number and size of neurons were quantified within the dorsolateral (DL-PFC) and mesial (M-PFC) subdivisions of the PFC. Cases were from the eastern and southeastern United States and died between 2000 and 2006.

The researchers found statistically significant differences in neuron counts in the PFC in the autistic children compared with controls. There were 79 percent more neurons in DL-PFC in the autistic cases compared with the control cases and 29 percent more in M-PFC. The average DL-PFC count in the autistic children was 1.57 billion neurons compared with an average of 0.88 billion neurons in control children. The average M-PFC count in the autistic group was 0.36 billion neurons compared with an average of 0.28 billion neurons in controls. “Together, these 2 subdivisions gave a total combined prefrontal neuron count that was 67 percent greater in the autistic children compared with controls,” the authors write.
The researchers also found that the brain weight in the autistic sample deviated from normative average weight for age by 17.6 percent, while control brains deviated from age-based norms by 0.2 percent.

“Our sample of autistic children was not large enough to statistically examine brain-behavior relationships. Future studies with many more cases of autistic children might reveal important relationships between neuron counts and symptom severity or intellectual ability,” the authors write.

“To our knowledge, this study is the first direct quantitative test and confirmation of the theory that a pathological overabundance of neurons in critical brain regions is present at a young age in autism. Because cortical neurons are generated in prenatal, not postnatal life, pathological overabundance of neurons indicates early developmental disturbances in molecular and genetic mechanisms that govern proliferation, cell cycle regulation, and apoptosis. Therefore, the finding has significance for understanding the etiological and neural development and functional origins of autism.”

Un autre article sur la même étude :

http://www.nhs.uk/news/2011/11November/Pages/baby-brain-clue-to-causes-of-autism.aspx

Sur l’autisme, beaucoup d’observations sont faites, mais peu de raisons sont trouvées. On reconnaît des gènes impliqués dans certains cas d’autisme, une croissance différente du cerveau et une tête plus imposante dans de nombreux cas, on remarque aussi certaines particularités chimiques chez certains autistes, mais personne n’a trouvé LA raison de l’autisme et ce, sans doute justement parce qu’il n’y a pas UNE raison de l’autisme.

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