2. Glaciations et migrations, hybridation et survie (fr)

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a. Glaciations et astronomie

L’hémisphère nord a été depuis longtemps traversé par des périodes glaciaires. En réalité, il y a eu plus d’années froides que d’années chaudes, comme le résume le graphique suivant. Nous sommes clairement en période inter-glaciaire depuis -10 000 ans.
Les périodes de glaciation (qui ont des noms très différents suivant les lieux géographiques où leurs traces sont observées, même s’il s’agit du même phénomène à l’échelle planétaire) et d’inter-glaciation sont régies par des cycles astronomiques et solaires complexes qui provoquent de violents changement sur le climat terrestre, comme l’a démontré l’astronome serbe Milutin Milankovitch entre 1920 et 1941.

http://www.cours.polymtl.ca/glq1100/milankovich/milankovich.html

Les cycles climatiques géants (de 80 000 à 120 000 ans environ) ainsi observés sont assez semblables dans leur forme, mais possèdent quelques différences, qui, au niveau humain, sont considérables.
Ils sont régis par trois paramètres principaux sur lesquels nous reviendrons:

La précession des équinoxes et du Périphélie
L’obliquité
L’excentricité de l’orbite terrestre

Atala Glaciation Pleistocene

Glaciations Pleistocene

Atala Solar radiation temperatures Milankovitch

Solar radiation and temperatures

Comparaison entre la courbe du rayonnement solaire à la latitude 65°(en haut) et la courbe de températures calculée d’après le rapport O-18/O-16 de la glace à Vostok, Antarctique (en bas).

http://en.wikipedia.org/wiki/Milankovitch_cycles

A l’observation de ces différents graphiques, plusieurs observations:

Les deux dernières glaciations (Weichselian et Wolstonian) ont été plus froides encore que les deux glaciations les précédant. La glaciation de Wolstonian ne fait presque qu’une avec la glaciation précédente (Kansan), car la période inter-glaciaire qui les sépare est très courte. Les glaciers n’ont le temps que de fondre peu, et le volume de glace n’atteint pas le minimum habituel.

Lors de la glaciation du Wolstonian, les températures atteignent leur plus bas par trois fois (il y a environ -190 000 ans, -160 000 ans, et -140 000 ans), contre une seule fois dans les deux précédentes (il y a environ – 340 000 ans et -240 000 ans) et deux fois dans la glaciation de Weichselian (il y a environ -70 000 ans et -20 000 ans).

Atala Glaciations temperatures

Glaciations and temperatures

b. Glaciations et réflexes migratoires

Il est important de prendre en considération tous ces paramètres, car l’on comprend alors combien la théorie « Out of Africa » est absurde. Cette théorie ne donne jamais la cause de la sortie d’Afrique de l’homme dit moderne. Elle suppose sans doute que, comme le veut l’évolutionisme acharné, l’homme fut secoué par un tel changement évolutif (mais lequel?) qu’il fut prit de l’envie de migrer vers le nord vers -50 000, en pleine période glaciaire, alors que le climat de la France était à peu près équivalent à la Sibérie actuelle, couverte de toundra et de taïga, tandis que le moyen-orient et l’Afrique du nord était une Oasis agréable couverte de forêts de feuillus verdoyantes.

Atala Glaciation landscape Europe

Glaciation and landscape in Europe

Croire à cela est tout à fait déraisonnable.

Il n’existe aucune espèce animale adaptée au climat africain qui aurait engagé un tel projet fou. Par contre, il existe de nombreuses espèces animales de l’hémisphère nord qui ont en elles l’instinct migratoire. Qu’il soit saisonnier, ou qu’il réponde à des cycles plus larges. C’est le cas par exemple pour de nombreux oiseaux migrateurs d’Europe comme les oies cendrées et certaines hirondelles qui ne migrent plus vers l’Espagne ou l’Afrique en hiver depuis que le climat s’est réchauffé, la température leur étant suffisante plus au nord.

http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202009%20-%204%20-%20SPN_2009_-_4_-_oie_cendree.pdf

Cet instinct migratoire est bien connu – et tout à fait probable – chez les néandertaliens, puisqu’il est supposé qu’il suivait entre autres ses proies habituelles, comme les rennes et les mammouths, en fonction des propres déplacements de ces derniers.

Plusieurs sites néandertaliens ont ainsi été découverts au moyen-orient:

Shanidar en Iraq (60 000 à 80 000 av JC)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Shanidar

Dederiyeh en Syrie
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/paleo_0153-9345_1995_num_21_2_4619

Les sites Israëliens d’Amud (de 85 000 ans à 55 000 ans avant JC)
http://archaeology.huji.ac.il/depart/prehistoric/erellah/1999_Valladas_et_al.pdf

de Tabun (de 500 000 ans à 40 000 ans avant JC)
http://en.wikipedia.org/wiki/Tabun_Cave

de Kébara (60 000 av JC)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grotte_de_Kébara

et de Qafzeh et Skhul sur lesquels nous reviendrons (voir la carte):

Atala Neanderthal and Sapiens sites

Neanderthal and Sapiens sites

Il est donc de l’ordre de l’évidence de penser que ces hommes se réfugiaient ici lors des périodes les plus froides, hypothèse qui n’a pourtant jamais été émise, les archéologues préférant sans doute penser de manière purement géographique et culturelle, la barrière européenne franchie devient ainsi forcément une barrière culturelle, comme aujourd’hui dans nos sociétés modernes d’hommes sédentaires, et bien que tout le monde sache que les hommes de l’âge de pierre étaient nomades.

Ainsi, l’on entend JJ Hublin prétendre que les néandertaliens ont disparu car ils ne vivaient qu’en petits groupes probablement sur une aire géographique restreinte et se laissaient probablement mourir de froid et de faim.

http://www.franceculture.fr/emission-neandertalensis-versus-sapiens-sapiens-2010-03-24.html

(Malheureusement, cette émission est aujourd’hui archivée et il n’est plus possible de l’écouter)

Aucune créature terrestre ne se comporte ainsi, et de nombreuses parviennent même à s’adapter aux comportement lunatiques de l’homme d’aujourd’hui. Il semble particulièrement déplacé de croire que Néandertal se serait subitement comporté ainsi alors qu’il a survécu à plusieurs périodes glaciaires avant celle-ci.
Notez-bien qu’il a notamment occupé le site de Byzovaya, en Sibérie actuelle, en pleine période glaciaire (-28 500 ans), et probablement en hiver (? pour le moment pas de preuves), selon Ludovic Slimak, chargé de recherches au CNRS dans l’émission Le Salon Noir de France Culture du 22.06.2011. Les hivers modernes (en période chaude donc) dans cette région affiche un beau -40°C pendant 4 mois.

A titre d’exemple, j’ai fais un itinéraire piéton sur Google Maps, de Paris à la frontière d’Israël, qui me donne 4300 km environ, soit 35 jours et 15heures. Avec une moyenne de 5km par jour et quelques vacances, on aura environ 3 ans.

Evidement, personne ne marche des journées et des nuits entières. Il faut le temps de vivre, de se restaurer, de se défendre si besoin est, de porter les enfants, etc.

De toutes façons, le but n’était ni d’aller en Israël, ni de se déplacer aussi vite, mais de se déplacer étape par étape en fonction des changements et des inconvénients climatiques, sur plusieurs siècles. Je prends cet exemple pour exposer aux yeux des sédentaires motorisés que nous sommes que cela est clairement et entièrement possible, et que prétendre l’inverse (JJ Hublin) est tout à fait absurde.

Reprenons maintenant nos graphiques et la période glaciaire particulièrement rude de Wolstonian ou Wisconsinan (en Amérique), et de celle qui la précède (Kansan sur le graphique), puisqu’elles n’en forment presque qu’une seule. En 200 000 ans, les températures minimales du Pleistocène ont été atteinte par quatre fois, ce qui est considérable. Il semble clair que les Néandertaliens ont été particulièrement affaiblis.
Même si Néandertal a pu vivre à Byzovaya en -28500 en pleine période glaciaire, il n’est pas certain que ce fut là-bas l’exemple d’un groupe complet (hommes, femmes, enfants)*, et il est évident que la situation plus clémente du sud les aient attirés. Ils se sont déplacés plus au sud, vers les sites Israëliens, alors couverts de forêts.
*NB! Je l’évoquerai ci-après, mais la question de la température n’est pas la seule à jouer un rôle dans les déplacements de population. L’ensoleillement, qui ne lui est pas tout à fait lié en est un élément crucial. En – 28 500, l’ensoleillement était plutôt bon pour des températures aussi basses, et ceci a certainement joué un rôle positif sur le peuplement du grand nord.

c. L’hybridation, comme mécanisme de survie de l’espèce

Il est possible de comparer cette situation à la situation actuelle et bien connue de l’ours blanc qui a vu les conditions climatiques qui lui sont favorables se détériorer (de son point de vue) dramatiquement. Cette espèce est entrée dans un mécanisme de survie. Je pense qu’il s’agissait de même pour les néandertaliens à chaque fois que les températures atteignaient des minimales alarmantes, et surtout lorsque l’ensoleillement était faible (peu d’ensoleillement entraine le rachitisme, une moindre croissance et donc une plus petite taille, une augmentation des maladies).
Il se produisait alors ce mécanisme de survie de l’espèce, qui les poussaient non seulement à se déplacer, car ceci est également connu lors de températures plus clémentes, mais aussi à s’hybrider aux hommes du Sud, exactement comme l’ours polaire s’hybride à l’ours brun.
Les gènes clairs chez l’hybride sont alors récessifs, et sont près à surgir à nouveau en cas de climat favorable, si l’espèce entre temps s’était éteinte.

L’ours blanc et le grizzly sont plus proches que Néandertal et Sapiens, mais la comparaison vaut le détour.
Le grizzly, nommé ainsi à cause de sa couleur grise, parfois brune et parfois blonde possède un ancêtre commun vieux d’environ 200 000 ans avec l’ours polaire. 200 000 ans, c’est aussi l’époque où l’étendue de glace de l’hémisphère nord fut pendant longtemps faible. Elle est aujourd’hui encore plus faible, et cela ne dure que depuis 10 000 ans, mais il faut aussi compter sur le rôle de l’homme dans l’habitat de l’ours polaire pour comprendre que la situation moderne critique dans laquelle il se trouve était à peu près équivalente à celle qui s’étendit de -240 000 ans à – 180 000 ans environ.
Le pizzly, hybride entre un ours polaire et un grizzly, est à peu près gris. Il est moins adapté à la banquise, mais plus adapté à la vie sur terre. S’hybrider avec le grizzly est une manière instinctive pour l’ours polaire de faire survivre son espèce. Il est probable que les gènes blancs forment peu à peu un « paquet récéssif » comme il est connu chez de nombreuses espèces d’animaux, notamment l’ours Kermode, qui était considéré chez les Amérindiens comme un vestige de la dernière glaciation. 10% des ours noirs y naissent blancs (des études génétiques ont démontré que ce phénomène est provoqué par un paquet de gènes récessifs), et cette couleur est sans doute le reliquat d’une espèce « éteinte » mais ainsi sauvegardée qui y vivait lors de la dernière période glaciaire. Cet ours s’est, par ce mécanisme de survie, hybridé à son voisin noir, pour « congeler » son espèce jusqu’à la prochaine glaciation, pour laquelle ce pelage blanc sera indispensable.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ours_Kermode
http://www.lexpress.org/portrait/l’esprit-de-l’ours-blanc/

Dans la culture amérindienne de la région, ce type d’ours a une origine spirituelle : « Un de nos mythes fondateurs révèle que la corneille a transformé certains ours en blanc pour rappeler aux générations présentes un temps où les glaciers recouvraient encore nos terres », raconte le jeune homme.

Ce mécanisme est dangereux pour l’espèce, mais il peut être ainsi essentiel à sa survie, et c’est sans doute pourquoi il existe.

Il est probable que si l’ours polaire venait à disparaître, ce « paquet de gènes blancs », appelé leucisme ou leucitisme, qui se trouve chez le grizzly/pizzly apparaitrait de temps en temps. Le grizzly, qui est une sous-espèce de l’ours brun, est très certainement déjà un hybride ours polaire/ours brun comme le suggère son habitat, qu’il partage avec l’ours blanc, sa taille massive par rapport à l’ours brun classique, la forme de sa tête, et son pelage qui oscille du blond/gris au brun foncé.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ours_brun
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ursus_arctos_horribilis

Atala blond grizzly bear leucism

Blond grizzly bear

A blonde grizzly bear fights with a regularly-coloured one. Photographer Steven Kazlowski snapped the powerful animals on the Alaskan Peninsula, in Katmai National Park, United States

http://hotnewshome.com/2011/12/06/animal-pictures-of-the-year-2010-feeding-and-fighting/4950/attachment/4993

En ce sens, il est une réserve génétique pour l’ours blanc, qui rend possible son hybridation et limite les dégâts qu’elle occasionnerait (incompatibilité génétique, taille trop différente, etc.). Tant que l’ours polaire existe, et tant qu’il n’est pas éteint, il est probable que les mélanges ne soient pas assez conséquents ou pas assez anciens pour qu’ils forment ce « paquet » de gènes ou leucitisme chez une autre espèce, comme ceci est le cas pour les Kermode, ou pour les tigres blancs, lions blancs, cerf blanc, daim blanc, merle blanc, paon blanc, et autres animaux portant cette « anomalie » récessive classique chez les animaux de l’hémisphère nord ou des régions montagneuses, sujettes aux modifications dramatiques du climat lors des périodes glaciaires.

Notons également que les animaux leuciques sont souvent plus grands, notamment le tigre, ce qui leur confère un avantage dans les climats froids.

Chez l’homme, il est possible de retrouver des mongols blonds aux yeux bleus par exemple, sans qu’ils n’aient de parents blonds aux yeux bleus.

Si les population leuciques, comme l’ours Kermode, aptes à vivre dans l’hémisphère nord ou dans les zones de montagne en période glaciaire venaient à disparaître à chaque fois que le climat de leur habitat se transformait, comme c’est souvent le cas, l’on peut comprendre que ces zones seraient rapidement vidées de toute vie, et qu’elles l’auraient été depuis longtemps. Par ce système elles assurent la protection de leurs espèces jusqu’à ce que le climat leur redevienne favorable. Le leucitisme ou leucisme est donc le stigmate de ce mécanisme de survie.

Il est permis d’imaginer que ces gènes peuvent devenir dominants en cas d’ensoleillement différent, comme un pelage variable aux cycles larges. En parlant de tel cycles, la taille de l’ours des cavernes augmentait pendant les glaciations, et diminuait pendant les périodes chaudes (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ours_des_cavernes); pour les cycles saisonniers mieux connus, nous pouvons citer le renard arctique, le loup arctique, le lagopède alpin, le lièvre arctique ou le lièvre alpin, etc.
Tandis que le pelage blanc (ou peau blanche) peut être un inconvénient en période inter-glaciaire (et donc récessif) il est très utile en période de glaciation (camouflage, ou chez l’homme notamment, moins de filtrage des très utiles rayons UV en cas d’ensoleillement moins important), et pourrait donc devenir dominant.

Ceci est une hypothèse, mais il est probable que ces populations ou individus aient un attrait particulier pour les régions nordiques ou montagneuses, afin de les repeupler, comme l’exemple bien facile des scandinaves. Ainsi je penche pour une interprétation toute autre de l’anthropologie et de la géographie. Les scandinaves ne sont pas blonds parce qu’ils habitent au nord, mais ils habitent au nord parce qu’ils sont blonds. Voici pourquoi vous avez toujours aimé le ski, et pourquoi beaucoup d’Européens ont une affinité si particulière avec la neige, qui leur manque dès que l’hiver est un peu chaud. Je ne crois pas à la psychologie et à l’attrait de la neige qui nous rappellerait avec nostalgie les hivers froids de notre enfance. D’abord, les hivers n’ont pas tous été froids, et l’enfance n’a pas toujours été douce. Je crois à la puissance de l’ADN, le thumos dans l’âme platonicienne, qui nous dicte ce qui est bon pour nous, en fonction de notre environnement.

Il est clair que ladite micro-évolution existe, mais ce qui est appelé mutation en revanche est sans doute souvent soit une hybridation directe, soit une hybridation passée qui a laissé des traces récessives, capables de resurgir.

Il est tout de même nécessaire de préciser que le mélange entre les ours est différent du mélange entre les hommes, même si il est comparable. Alors que l’ours polaire est parfaitement adapté aux climats les plus froids, et tandis que c’est l’inter-glaciaire qui le tue, le Néandertalien est adapté à un climat froid, mais modérément froid. Un inlandsis trop imposant, une température trop basse, et surtout un ensoleillement trop bas lui sont néfastes. Il fut ainsi « menacé » lors des périodes les plus froides et moins ensoleillée des glaciations, et il a migré vers le sud.

Ce qui est étrange, c’est que nous pensons d’une tout autre – et bien plus logique – façon lorsqu’il s’agit des animaux. Personne ne s’étonne si un éleveur de samoyède vous assure que ces chiens deviennent d’autres chiens au premier hiver enneigé, et se roulent dans la neige avec bonheur. Ici, il n’est pas question de psychologie et d’enfance, cela semble être une évidence.
De même, personne ne vous dira pas que des chatons sont jaloux s’ils se chamaillent, on ne vous parlera pas de ce malheureux et freudien complexe d’Oedipe s’ils grognent devant père et mère, on vous dira qu’ils s’entraînent à la chasse, et au pire qu’ils apprennent la hiérarchie imposée de leur espèce. Il est parfois bon de savoir regarder l’être humain comme un animal.

Ceci jusqu’à un certain point. L’homme est un animal, mais un animal particulier. Cette singularité est l’arme que lui a donné la nature. L’homme n’a pas de longues canines, il n’est pas très grand, il n’est pas très rapide, il n’est pas très silencieux, il n’a pas de carapace; mais il a sa tête.
C’est justement là que tout change, et c’est pourquoi cette hybridation aura de grandes conséquences pour l’espèce néandertalienne, ou l’espèce européenne que nous sommes, en tout cas à notre échelle moderne d’êtres humains du deuxième millénaire.

d. La survie de l’espèce néandertalienne

Nous savons que Néandertal avait une vie difficile, il est supposé que les femmes étaient peu nombreuses, et ceci paraît logique, étant donné qu’elles semblaient participer plus ou moins à la chasse elles aussi, qu’il a été retrouvé des femmes néandertaliennes avec de graves fractures (comme la femme de Saint Césaire, appelée « Pierette », -36000 ans. Elle présentait une grave fracture du crâne), et que les femmes ont un inconvénient de survie supplémentaire par rapport aux hommes, puisqu’elles sont plus fragiles et traversent des périodes de grossesse et d’accouchement qui leur sont particulièrement dangereuses, surtout dans un climat froid.

Il est fort probable que Néandertal, qui était aussi plus fort que Sapiens, se soit servi chez les femmes Sapiens. L’inverse est au contraire fort peu probable, étant donné l’inégalité de force entre les deux espèces, et les résultats des études sur l’ADNmt dont nous avons parlé précédemment.
Ces hybridations ont sans doute eu lieu depuis longtemps, vraisemblablement à chaque fois que les températures et/ou l’ensoleillement sont descendus au plus bas, et le niveau de la glace au plus haut. Les Néandertaliens ont migré vers le sud, recherchant plus de douceur dans un climat et un environnement qui lui était devenu dangereux.

Ainsi, déjà en -340 000 ans nous pouvons imaginer une hybridation. Elle était sans doute dérisoire, et l’hybride ainsi obtenu avait sans doute une fertilité mauvaise, notamment chez l’homme, qui était peut-être stérile, comme chez de nombreux animaux (cf article précédent).
Une descendance a quand même vu le jour, sans doute à travers les hybrides femmes, et elle a construit les homo sapiens archaïques « néandertaliens » que je vous ai listé ci-dessus. Certains sont restés en Afrique, et leur sang s’est dilué dans le sang africain du moyen-orient et d’Éthiopie. Certains autres se sont dirigés vers l’Europe, peut-être par instinct, lors du réchauffement qui a suivi. Ceci a pu modifier légèrement l’aspect du Néandertalien, mais à ce stade, la part de l’hybridation était trop infime pour être signifiante, et la plupart des hybrides ont sans doute donné peu ou pas de descendance.

Vers – 270 000 ans, le refroidissement atteint à nouveau son maximum, et Néandertal est à nouveau en grave danger. Nouvelle migration, nouvelle hybridation, sans doute légèrement plus facile, étant donné que le Sapiens d’Ethiopie et du Moyen-Orient possédait un peu de sang néandertalien, mais toujours très réduite ou presque insignifiante.

Au lieu de se réchauffer clairement, le climat entame une période d’inter-glaciationmodeste et différente, les glaciers fondent moins, puis la glaciation arrive, avec par trois fois des températures très basses au lieu d’une seule, les unes à la suite des autres, et un niveau d’ensoleillement très bas également par trois fois. Néandertal est fortement affaibli, et toute l’espèce est mise en péril. Les néandertaliens, surtout les femmes, meurent jeunes, et le mécanisme de survie de l’espèce est à nouveau mis en place: trois migrations, trois hybridations, vers – 185 000, – 160 000, et -140 000 ans.

Ledit Homo Sapiens archaïque moderne apparaît doucement en Ethiopie et au Moyen-Orient. Il est en fait un hybride précoce Néandertal/Sapiens. Un Cro-Magnon de laglaciation du Wolstonian.

Puis, arrive une inter-glaciation classique. Certains hybrides restent en Asie/Afrique, d’autres remontent vers le nord et le sang néandertalien est déjà modifié.
Une nouvelle glaciation arrive et la température baisse dangereusement vers -120 000, ainsi que l’ensoleillement, qui atteint alors son minimum; puis vers – 90 000 ans, ce qui pousse une partie de l’espèce néandertalienne a migrer vers le sud.
Ici, nous avons Tabun (-120 000 ans) puis Skhul et Qafzeh (-100 000 à -90 000), précédement attribués à Néandertal, puis replacés sans explication – sinon le manque de preuves matérielles de ladite théorie « Out of Africa » – chez Sapiens archaïque.

C’est à Skhul et à Qafzeh, placés en actuel Israël, que se trouve la clé de l’histoire. Skhul, Qafzeh, Amud et Tabun sont les premiers vrais hybrides remarquables, et non les premiers homo sapiens apparu subitement en Israël.
Nous reviendrons sur ce sujet, et détaillerons leurs caractéristiques dans le prochain article.

Certains de ces hybrides se seraient à nouveau déplacés vers le nord vers -60 000 ans alors que la température remontait un peu, et il se seraient mélangés aux néandertaliens sur place, dont certains vivaient jusqu’à la limite des glaciers dans le grand nord, comme à Byzovaya.

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