4. Résultats des croisements (fr)

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Nous avons vu jusqu’ici, qu’une fois créé par un procédé bien défini, un être vivant est classé dans une case race, d’une case espèce, d’une case genre, en fonction de l’ADN qu’il porte, provenant plus ou moins de ses deux parents. Plus ou moins, car, comme il a été expliqué dans la partie 1. (Création), si les deux parents transmettent à leur enfant leurs ADN nucléaires, seul la mère transmet son ADN mitochondrial. L’exemple a été donnée chez l’humain, mais il en va de même pour tous les animaux.

Pour cette étude, nous sommes contraint de commencer par une analyse purement biologique de l’être humain et des êtres vivants apparentés, ce qui nous aidera à mieux saisir qui nous sommes et d’où nous venons, ainsi que les éventuelles complications qui nous correspondent. Puisque c’est ici le but des « considérations préliminaires », je me permets de continuer avec l’exemple animal, pour mieux comprendre les notions assorties aux « cases » dans lesquelles sont placés les animaux, homme y compris.

Si la case « genre » semble intouchable, la case « espèce » et la case « race » semblent se chevaucher, puisque la définition qui est censée les caractériser est faussée.

Le mélange entre espèces, ou entre races est contre nature puisque inexistant sans la main de l’homme, sauf conditions extrêmes. Concernant le cas du mulet par exemple, et contrairement à une idée préconçue, il est difficile de faire s’accoupler une jument et un entier âne, qui peuvent dans de nombreux cas rester seuls et non stérilisés sans chercher de contact sexuel.
Ces croisements sont cependant possible, et donnent des produits partiellement ou totalement fertiles dans de nombreux cas.

Pour le mulet/bardot:
“La mule (femelle parfois féconde) ou le mulet (mâle toujours stérile) est le résultat de l’accouplement d’un âne et d’une jument. Le bardot ou bardeau (mâle toujours stérile) et bardote ou bardine (femelle parfois féconde) sont le résultat de l’accouplement d’un cheval et d’une ânesse.”

http://www.asinerie.net/articles.php?lng=fr&pg=1560

Intéressons-nous alors aux produits de cette hybridation.
Comment sont-ils? Comment se développent-ils? Comment supportent-ils la présence de deux ADN parfois contradictoires?

a. Problèmes physiques et psychiques.

Le ligre et le Tigron sont sans doute les deux exemples les plus étonnants. Le ligre (lion + tigresse) est un géant (400kg), car il combine un gène de son père lion qui pousse ses petits à croître et devenir forts, à une absence de mère lionne, qui, elle, possède un gène réducteur de taille, sans quoi elle ne pourrait ni accoucher de ses petits, ni les nourrir à l’état naturel.
Un gène amplificateur de croissance dans une tigresse qui n’a pas été prévue pour celui ci engendre un petit énorme, qui ne cesse de grandir sa vie durant, consommant environ 20 à 25 kg de viande crue par jour, avec des besoins alimentaires spécifiques, une agilité discutable et des problèmes osseux divers. Il provoque aussi, chez la tigresse, un besoin accru de recourir à la césarienne, ce qui, cela va sans dire, est impossible à l’état naturel. Cette césarienne, si elle n’a pas lieu, entraînera la mort de la mère, et/ou du nouveau-né dans le pire des cas, ou provoquera diverses déformations et accidents de couche.
Notons également qu’il découle de ce mélange de nombreux avortements spontanés, ou embryons et nouveaux-nés non viables.

Le lion étant un animal sociable, et le tigre un solitaire, le ligre et le tigron souffrent de troubles comportementaux, ils sont souvent lunatiques et dépressifs.

http://bigcatrescue.org/2011/liger-facts

http://fr.wikipedia.org/wiki/Félin_hybride

En ce qui concerne le chien loup tchécoslovaque (CLT) et le Saarloos, race de chien provenant d’un hybride récent chien (berger allemand) et loup gris, les problèmes sont bien présents, bien que la domestication a cela d’avantageux qu’elle s’adapte grandement au domestiqué. Ce chien n’aboie pas. Il est timide et supporte très mal les villes, les étrangers, le bruit, le changement. Il est moins solitaire que le chien et a un besoin absolu d’une famille qu’il reconnaît alors comme sa meute. S’il est seul quelques temps, il le supportera mal et saccagera ce qui sera à sa portée, ou ira jusqu’à s’auto-mutiler. Il évite avant tout les conflits avec les étrangers, et fuira les autres chiens, il n’attaquera que si cela est vraiment nécessaire.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chien-loup_tchécoslovaque

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chien-loup_de_Saarloos

b. Comportement sexuel

En deçà des complications génétiques diverses, physiques et psychiques; les hybrides voient leur comportement et leurs capacités sexuelles modifiées, et c’est là une composante importante de l’hybridation, car si elle modifie l’individu, elle risque aussi d’entraîner une sévère transformation génétique et sexuelle de l’espèce entière.

Il est rapporté plusieurs cas d’hypersexualisation chez les sujets hybrides, notamment chez le cochonglier ou l’hybride bélier x chèvre nommé chabin – l’hybride bouc x brebis étant l’ovicapre -, peut-être pour parer à la baisse de fertilité (?). Si les individus hybrides sont infertiles ou stériles, ils sont pourtant actifs sexuellement – contrairement aux individus stérilisés artificiellement – (tigron, ligre), voire trop actifs. Il est par exemple fréquent de castrer les mulets mâles, même s’ils sont stériles, à cause de leur comportement dérangeant en présence d’ânesses ou de juments.

“Un cas insolite d’hybridation de mouton et de chèvre a été signalé par des vétérinaires du Botswana en 2000. L’animal, appelé chabin, était venu au monde naturellement du croisement d’un bélier et d’une chèvre qui cohabitaient.
Cette hybridation était intermédiaire entre le mouton et la chèvre. L’animal avait un duvet laineux sous une fourrure rugueuse, de longues pattes de chèvre et un corps massif de mouton. Bien qu’infertile, il avait une libido très active, et il s’accouplait aussi bien avec les brebis qu’avec les chèvres quand elles n’étaient pas en rut, ce qui lui a valu le nom de Bemya, qui signifie violeur. Il a été castré à l’âge de 10 mois parce qu’il devenait une nuisance.”

http://actualites.ca.msn.com/galeriedephotos.aspx?cp-documentid=25791345&page=8

Autre lien sur l’hybride bélier x chèvre (fertilité femelle, stérilité mâle):
http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1297-9686-20-3-379.pdf

c. Perte de l’anoestrus saisonnier chez les espèces de l’hémisphère nord.

“Le sanglichon ( sanglochon ) ou cochonglier est un hybride, issu du croisement d’un porc et d’une laie ou d’un verrat et d’une truie.
L’hybridation sanglier/porc domestique donne des femelles plus prolifiques.
Le produit du croisement porc domestique et sanglier est dit interfécond, Il est le témoin d’une pollution génétique et est à éliminer en priorité !
Chez les hybrides, un certain nombre de signes ne trompe pas :
la robe est plus claire ou bigarrée ( aux couleurs variées ) avec parfois des taches claires, roses ou blanches.
le corps est cylindrique, le dos plat et horizontal, avec souvent des poids vifs importants alors que notre sanglier de race pure a le dos bosselé et incliné vers un arrière-train plus mince que l’avant-train..
les membres sont plus courts. Notre sanglier de souche pure est haut sur pattes.
la queue est souvent en tire-bouchon.
les oreilles sont plus larges et parfois tombantes.
le boutoir est large et court, parfois marqué de taches claires. Le crâne est plus plat et sans stop marqué.
les onglons des jeunes hybrides peuvent être blancs. Nos marcassins ont des sabots noirs.
le poids des hybrides et leur vitesse de croissance sont nettement supérieurs aux souches de race pure. Un hybride mettra moins d’un an pour atteindre les 50 à 60 kilos d’une bête de compagnie d’au moins un an et demi.
les femelles hybrides perdent cet anoestrus d’été, si caractéristique de la race pure, et sont plus prolifiques.
Il faut savoir que le porc domestique possède 38 chromosomes, alors que le sanglier n’en possède que 36.”

http://www.chasseacrw.be/Gibier/Sanglier04.asp

L’anoestrus, est la période ou l’animal femelle n’est pas réceptif à la stimulation sexuelle, ou à la saillie, une longue période sans ovulation. Les mammifères sauvages de l’hémisphère nord ont un anoestrus saisonnier qui est placé dans le calendrier en fonction de la durée de leur gestation, de façon à ce qu’ils ne puissent mettre bas en en automne et en hiver..

http://fr.wiktionary.org/wiki/anœstrus

Les animaux des zones intertropicales et subtropicales ne possèdent pas cet anoestrus saisonnier, et leurs cycles s’étendent sur toute l’année.

Si l’on prend comme exemple la brebis, l’on observe des divergences dans les races elles-mêmes, en fonction de l’habitat d’où la race est issue. La brebis Queue fine de l’Ouest, et la noire de Thibar, toutes deux originaires de l’hémisphère nord ont un anoestrus saisonnier du mois de février au mois de juillet, tandis que la brebis Barbarine de Tunisie, et la brebis PeulhduNiger, originaire de l’hémisphère Sud, n’en ont pas.

http://ressources.ciheam.org/om/pdf/c06/95605382.pdf

Chez les grands félins sauvages, donnons pour exemple:
Anoestrus saisonnier: tigre (Asie du Sud-est), panthère des neiges ou Once (Asie), chat de Pallas (Asie)
Sans anoestrus saisonnier: Lion (Afrique), léopard (Afrique, Asie du Sud), puma (Amerique du Sud), guépard (Afrique), ocelot (Amerique du Sud)

L’anoestrus, connu chez la femme essentiellement en post-partum, et en cas d’allaitement, régule les naissances à la saison chaude, et accroit la concurrence des mâles. Dans une meute de loup, le mâle alpha redoublera d’agressivité durant l’oestrus (période féconde) et exclura les autres mâles qui tenteront eux aussi leur chance et remettront en cause la hiérarchie.

L’anoestrus peut-être perdu dans le processus de domestication de deux façons:
Il peut être artificiellement « caché » chez un animal qui le possède dans ses gènes. Ceci arrive chez les éleveurs de chevaux, qui soumettent la jument à une forte lumière pour augmenter artificiellement la durée du jour et dérégler son horloge interne. Il est important de noter que cette opération n’est pas simple et requiert de respecter des dates, et une puissance d’éclairage précis, sans quoi la jument sera normalement infertile. La jument reprend son cycle saisonnier oestrus/anoestrus dès que l’artifice cesse.
Il peut aussi disparaître lors de croisements intensifs (vache, chienne, truie), notamment avec des espèces originaire de l’hémisphère Sud (Le cochon étant originaire d’Asie mineure, ce peut être le cas de la truie).

La sélection naturelle par concurrence étant alors peu importante, les produits des femelles seront plus faibles et en surnombre, et inapte à survivre dans l’hémisphère nord, à l’état sauvage.
L’anoestrus offre une reproduction moins productive, mais apte à survivre en milieu naturel.

Conclusion

Les croisements inter-espèces produisent des hybrides partiellement fertiles (dans la majorité des cas: femelle fertile, mâle stérile). Cependant, en plus de la mortalité élevée de ces produits, les survivants montrent de nombreux troubles de tous styles:
Troubles physiques: incompatibilité en couche, anomalies génétiques.
Troubles alimentaires
Troubles psychologiques
Troubles sociaux
Troubles communicatifs
Troubles du camouflage naturel (pizzly, vaches, chevaux appaloosa, chiens, chats, cochons…)
Auto-mutilation
Troubles de la fertilité et perte de l’anoestrus saisonnier
Troubles du comportement sexuel

Ces divers troubles font de l’hybride un animal inapte à la vie sauvage, et contraint, s’il veut survivre, de devenir et de demeurer un animal domestique.

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